Potentiel des espèces végétales négligées contre la malnutrition infantile : Bissola Malikath Véréna BANKOLE décroche son doctorat avec la mention Très Honorable

Article : Potentiel des espèces végétales négligées contre la malnutrition infantile : Bissola Malikath Véréna BANKOLE décroche son doctorat avec la mention Très Honorable
Crédit: @Dr Shoot Esdras-FABI
28 décembre 2024

Potentiel des espèces végétales négligées contre la malnutrition infantile : Bissola Malikath Véréna BANKOLE décroche son doctorat avec la mention Très Honorable

Bissola Malikath Véréna BANKOLE a brillamment soutenu sa thèse de doctorat le 20 décembre 2024 dernier, à l’Université d’Abomey-Calavi, marquant un important jalon dans la recherche sur la nutrition infantile au Bénin. Son travail, intitulé Valorisation des espèces végétales négligées et sous-utilisées pour améliorer les pratiques alimentaires des jeunes enfants âgés de 6 à 23 mois dans le nord du Bénin, aborde une problématique d’actualité, celle de la malnutrition infantile, qui reste un défi majeur dans de nombreux pays en développement. À travers une étude approfondie, la désormais Docteur BANKOLE a souligné l’importance de ces ressources souvent ignorées dans la lutte contre la malnutrition infantile, ouvrant ainsi la voie à une meilleure sécurité alimentaire dans son pays. Avec des résultats prometteurs et une mention Très Honorable, elle démontre le potentiel des espèces végétales négligées pour enrichir l’alimentation des jeunes enfants et promouvoir des systèmes alimentaires durables.


L’apport des espèces végétales dans la nutrition infantile

Bissola Malikath Véréna BANKOLE et les membres du Jury / crédit Photo : Dr Shoot Esdras-FABI

La nutrition infantile constitue un enjeu de santé publique majeur, particulièrement dans des pays en développement comme le Bénin, où de nombreux enfants souffrent de régimes alimentaires inadéquats. Selon l’Organisation mondiale de la santé, près de 40% des enfants de moins de cinq ans au Bénin sont touchés par la malnutrition sous diverses formes. Cette situation inapropopriée a conduit Bissola Malikath Véréna BANKOLE à étudier le potentiel des espèces végétales négligées et sous-utilisées (NUS) pour améliorer la diversité alimentaire et lutter contre les carences en micronutriments chez les jeunes enfants âgés de 6 à 23 mois.

La thèse de BANKOLE repose sur trois études interdépendantes. La première étude a consisté en une enquête menée auprès de 187 ménages pour évaluer la fréquence de consommation d’espèces telles que Adansonia digitata (baobab), Ocimum gratissimum (basilic africain), Vigna radiata (haricot mungo) et Moringa oleifera. Les résultats ont révélé que, bien que la consommation générale soit faible, les aliments à base de baobab et de moringa étaient parmi les plus couramment consommés, atteignant plus de 25% dans certains ménages.

La deuxième étude a approfondi les facteurs influençant cette consommation à travers une enquête qualitative. Dr. BANKOLE a identifié des barrières et des moteurs socioculturels tels que l’accessibilité physique, l’abordabilité et les préférences alimentaires, qui jouent un important rôle  dans l’intégration des NUS dans l’alimentation quotidienne.

La troisième étude a porté sur la formulation de recettes nutritionnellement denses à l’aide du logiciel Minitab 19. Les tests d’acceptabilité réalisés auprès de 66 couples mères/enfants ont montré que plus de 80% des recettes étaient bien acceptées. Ces recettes ont présenté des densités énergétiques allant jusqu’à 2,03 kcal/g, avec des niveaux impressionnants en micronutriments essentiels comme le fer et la vitamine A.

Bissola Malikath Véréna BANKOLE / crédit Photo : Dr Shoot Esdras-FABI

Concilier la tradition et l’innovation pour une alimentation durable

Les résultats obtenus par BANKOLE mettent en lumière un potentiel significatif pour les NUS dans l’amélioration de l’alimentation infantile. Par exemple, une sauce d’Egusi enrichie aux feuilles de basilic africain a montré des densités nutritionnelles remarquables, avec 6,27 mg/100 kcal en calcium et 5,12 mg/100 kcal en fer. Certaines recettes ont même permis d’atteindre des taux de couverture en micronutriments dépassant les 100% des besoins quotidiens recommandés pour les jeunes enfants.

Cette recherche ne se limite pas à des considérations académiques ; elle a des implications pratiques pour la sécurité alimentaire au Bénin. En intégrant ces espèces négligées dans l’alimentation des jeunes enfants, il est possible d’améliorer leur santé nutritionnelle tout en promouvant une agriculture durable fondée sur les ressources locales. En valorisant les NUS, BANKOLE démontre qu’il est possible d’allier tradition et innovation pour relever les défis nutritionnels contemporains et contribuer à un avenir alimentaire durable pour les jeunes générations au Bénin.

Bissola Malikath Véréna BANKOLE et les membres du Jury / crédit Photo : Dr Shoot Esdras-FABI

Composition du Jury

Président:

Noel AKISSOE, Professeur titulaire CAMES, Université d’Abomey-Calavi, Bénin

Thesis Promotor:

Waliou AMOUSSA HOUNKPATIN, Professeur titulaire CAMES, Université d’Abomey-Calavi, Benin

Co-Thesis Promotor:

Flora Josiane CHADARE, Professeur titulaire CAMES, Université Nationale d’Agriculture, Benin

Rapporteur:

Mamatchi MELILA, Maître de Conférences CAMES, Université de Lomé, Togo

Segla Wilfrid Germain PADONOU, Maître de Conférences CAMES, Université Nationale d’Agriculture, Bénin

Hama BA FATOUMATA, Directeur de Recherche, Institut de Recherche en Sciences Appliquées et Technologies, Burkina Faso

Examiner:

Fernande HONFO, Maitre de Conférences CAMES, Université d’Abomey-Calavi Benin

Céline TERMOTE, Chercheur senior, Alliance Bioversity International-CIAT, Bureau régional pour l’Afrique, Kenya

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Commentaires

Souleymane ALASSANE
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Mes félicitations docteur Bankolé. Les défis restent à relever. Soit l'une des pionnières de lutte contre la malnutrition et l'insécurité alimentaire de notre cher pays.

SANNI Salam
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Très fier de toi chère Docteur,
Mon souhait est que les résultats de tes recherches soient effectivement pris en compte dans les projets de lutte contre la malnutrition infantile surtout dans le septentrion où nous notons la disponibilité de ces espèces végétales en abondance. C'est pourquoi il faut systématiquement que ces résultats soient divulgués à grand échel au Benin en passant par l'ANAN (Agence Nationale de l'alimentation et de la Nutrition).
Merci et congratulations to you...