Le ballet national Djoliba enflamme la scène du FInAB : une première au Bénin qui émerveille le public
Dans la nuit du vendredi 21 février 2025, Cotonou s’habille de magie. Une brise légère caresse les abords du Palais des Congrès, alors que la ville vibre au rythme de l’ouverture de la 3ᵉ édition du Festival International des Arts du Bénin (FInAB). Au cœur de la salle rouge, l’excitation est à son comble. Ce soir, un événement exceptionnel s’apprête à marquer les mémoires : la toute première prestation au Bénin du légendaire ballet national guinéen, Djoliba.
Dès les premiers battements de tambours, l’atmosphère change. Un silence solennel s’installe, vite brisé par les vibrations puissantes des instruments traditionnels guinéens. Les danseurs du ballet Djoliba font une entrée majestueuse, habillés dans leur tissu traditionnelle aux couleurs du drapeau guinéen : rouge, jaune et vert. Les Kèlèma (hommes vaillants) et les Musoya kèlèma (femmes courageuses), comme on les appelle en langue malinké (l’une des langues les plus parlées en Guinée), envahissent la scène avec une énergie contagieuse, incarnant la fierté et la puissance de leur héritage culturel.

Dans la loge d’honneur, plusieurs personnalités suivent cette entrée en scène grandiose avec une attention particulière. Parmi elles, Ulrich Adjovi, promoteur du FInAB, Jean-Michel Abimbola, ministre du Tourisme de la Culture et des arts du Bénin et Alain Heraibi, directeur général de la Société Béninoise de Boissons Rafraîchissantes ainsi que plusieurs autres personnalités. Leur présence confère à l’événement une dimension solennelle tandis que sur scène, les artistes captivent le public par leur grâce et leur énergie.
Alignés en parfaite synchronisation, les danseurs évoluent au rythme du balafon et du djembé. Chaque mouvement raconte une histoire, chaque geste exprime une émotion : la joie, la célébration, la communion. Le public est emporté dans un voyage au cœur des traditions guinéennes. En arrière-plan, des projections de paysages guinéens renforcent cette immersion culturelle inoubliable.

La salle rouge du Palais des Congrès est comble. Des spectateurs venus de divers horizons : Béninois, Guinéens, Ivoiriens, Sénégalais et bien d’autres nationalités vibrent à l’unisson, témoins d’un moment unique de communion artistique.
Le point culminant du spectacle survient avec une performance sans retenue des percussionnistes. Leurs mains, animées d’une vélocité fulgurante, frappent les tambours avec une intensité électrisante. Certains spectateurs, emportés par l’énergie contagieuse, se laissent aller à battre le tempo du pied ou à hocher la tête en cadence.
Puis, tout doucement, la musique s’apaise. Les danseurs se figent dans une posture finale, majestueuse et pleine de grâce. Le silence qui suit est chargé d’émotion. Pendant un instant, le temps semble suspendu. Le public retient son souffle, encore émerveillé par la beauté de ce qu’il vient de vivre.
L’ovation qui éclate ensuite est à la hauteur de la performance : tonitruante, interminable. Le ballet Djoliba quitte alors la scène avec une élégance remarquable : les danseuses d’abord, suivies des danseurs, puis les instrumentistes, esquissant quelques pas de danse pour clore cette prestation de près de dix minutes.

En orchestrant cette rencontre entre tradition et modernité, entre la Guinée et le Bénin, le FInAB confirme une fois de plus son engagement à célébrer l’art africain dans toute sa splendeur. Cette soirée d’ouverture n’est qu’un prélude à ce que réserve cette 3ᵉ édition du FInAB. Un festival qui promet d’unir, d’émouvoir et d’inspirer.
Serges AMADJIGBETO