« Galerie Annie » : un carrefour artistique au service du panafricanisme
La troisième édition du Festival international des arts du Bénin (FInab) a eu lieu en février dernier à Cotonou. Pendant dix jours, cet événement a célèbre la créativité et le génie artistique béninois et africain. Parmi les attractions phares du festival, le « Tokp’Art », un marché dédié à l’art, se distingue comme un espace d’expression et de valorisation de la culture africaine. En son sein, la Galerie Annie joue un rôle clé dans la démocratisation de l’art au service du panafricanisme. Je suis allé à la découverte de cette galerie.
Au cœur du marché d’exposition d’art du FInab, la Galerie Annie attire les visiteurs par son éclat et son engagement artistique. Ce véritable carrefour culturel met en avant des tableaux contemporains, des objets d’art, des vases décoratifs, des statuettes en bronze ainsi que des bijoux et des bibelots. Un mélange subtil entre art et artisanat qui traduit une vision panafricaine de la créativité.

Annie Randolph, promotrice de la galerie, affirme que l’art est un vecteur puissant d’identité et de résistance culturelle. « L’art, dans toute sa dimension, reflète les réalités sociopolitiques et culturelles du continent », souligne-t-elle. Selon elle, l’exposition d’œuvres africaines permet de limiter les influences extérieures et de promouvoir une identité propre. « Affirmer notre culture à travers l’art est une forme de panafricanisme », ajoute-t-elle.
L’art africain : un pont entre les cultures
Le thème de cette 3e édition du FInab, « Tisser les liens : le narratif africain à travers l’art », résonne particulièrement avec la vision d’Annie Randolph. Forte de son expérience en Afrique de l’Est et de l’Ouest, elle établit des parallèles entre les expressions artistiques du Kenya et du Bénin. « Quand je vais au Kenya, je retrouve des œuvres qui pourraient être réalisées au Bénin. J’ai d’ailleurs collaboré avec des artisans béninois pour reproduire ces techniques », témoigne-t-elle.
Pour elle, ces similitudes artistiques témoignent d’une solidarité culturelle et d’un socle commun, illustrant ainsi l’esprit du panafricanisme. « L’art en Afrique, c’est un bloc », insiste-t-elle. À travers la Galerie Annie, elle et ses artistes plasticiens traduisent cette vision en créant des œuvres inspirées des différentes cultures africaines. Un engagement fort qui vise à positionner l’art africain sur la scène internationale et à renforcer le sentiment d’unité au sein du continent.

Le Tokp’Art : une foire dédiée à la créativité africaine
Le Tokp’Art, espace emblématique du FInab, accueille divers stands qui mettent en lumière l’artisanat béninois et africain. Cette foire est une véritable vitrine pour les jeunes entrepreneurs locaux et un tremplin pour les talents émergents. En favorisant la promotion des créations africaines, elle contribue à une dynamique économique et culturelle essentielle pour le rayonnement de l’art africain.

Au-delà de son aspect esthétique, l’art africain demeure un outil de lutte, de mémoire et de transformation sociale. En valorisant les traditions et les talents du continent, il participe à la consolidation d’une identité forte et à l’émergence d’un discours africain autonome sur la scène mondiale. La Galerie Annie et le Tokp’Art illustrent ainsi avec brio la place centrale de l’art dans la construction du panafricanisme moderne.