Inondation à Abomey-Calavi, « Cocotomey » mon quartier est sous l’eau

Article : Inondation à Abomey-Calavi,  « Cocotomey » mon quartier est sous l’eau
30 juin 2020

Inondation à Abomey-Calavi, « Cocotomey » mon quartier est sous l’eau

Les pluies diluviennes qui s’abattent sur la ville de Cotonou et Abomey-Calavi en cette saison pluvieuse rendent la vie difficile aux populations. La journée du lundi 22 juin a été marquée par une pluie torrentielle qui a inondé mon quartier « Cocotomey » dans la commune d’Abomey-Calavi. À travers ce billet, j’ai pris du plaisir à vous faire vivre les difficultés que rencontrent la population et environnants de ce quartier, quand dame nature dicte sa loi.

Cocotomey a changé de visage? Oui!!! comme d’autres quartiers d’ailleurs. La journée du lundi 22 juin semble être spéciale. Il a plu toute la journée. Ainsi, Cocotomey, quartier La Paix, situé dans l’arrondissement de Godomey (commune d’ Abomey-Calavi) semble vivre les affres de l’inondation. Les routes, terrains de football, les vons, etc.. sont submergés d’eau. Une situation qui rend le quotidien difficile aux habitants qui y vivent.

Terrains de sport inondés, difficile de pratiquer le sport 
Au lendemain de la journée du lundi, les amoureux du sport, notamment le cuir rond, ont retrouvé leur terrain habituel (Le Terrain de sport Zico) sous l’eau. L’ équipe de jeunes footballeurs du quartier, dénommée » LES CRACKS FOOTBALL », a du s’adapter. Très mécontents, les joueurs se sont contentés d’une petite partie du terrain, qui n’était pas inondée.

L’équipe Les CRACKS sur le terrain Zico

Pour Carlos Dossou, capitaine d’équipe, le constat effectué ce petit matin est une désolation totale. 
<< À notre arrivée à l’entraînement, nous avons constaté que le terrain était inondé, sincèrement cela n’encourage pas. Normalement, nous devons exploiter la majorité de l’espace du terrain mais à cause de l’inondation, nous avons juste exploité une petite partie, donc il y a certaines activités que nous n’avons pas pu pratiquer >>  confie le jeune étudiant, fan de football.

Comme lui, Allassane Farouck, jeune joueur dit être frustré et propose aux autorités de convoyer du sable sur le terrain Zico. Tous n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère avant de faire montre de leur état d’âme. Ils demandent aux autorités un terrain synthétique avec des lampadaires, ce qui leur permettra de bien nourrir leurs ambitions, car l’État doit continuer à créer les conditions normales pour révéler les talents dans le domaine sportif.
La pluie n’a pas loupé aussi le petit terrain qui se trouve en face d’une mosquée dans la zone « Agongbomey » à Cocotomey.,

La voie principale Cocotomey Zico est impraticable 
Difficile de circuler sur la voie principale menant au bord du goudron (route inter-État Cotonou-Ouidah). Les dernières pluies récurrentes ont rendu la voie impraticable. On observe par endroits de grandes flaques d’eau. Seuls quelques motocyclistes courageux prennent le risque de traverser les crevasses occasionnées par de grandes pressions d’eau stagnées. Certains tombent en panne sur le coup, ils se retrouvent complètement dans l’eau par mégarde aux gros trous.

La voie principale Zico

Des jeunes apportent de l’aide pécuniaire aux motocyclistes
Comme pour dire que le malheur des uns fait le bonheur des autres, Rock et Daniel ont eu l’idée de secourir les motocyclistes contre une rémunération de 50 à 100 FCFA.
Respectivement âgés de 15 à 17 ans, les deux jeunes collégiens semblent avoir trouvé l’astuce pour remplir leurs poches d’espèces sonnantes et trébuchantes. Dès 8h, ils se placent devant une grande flaque d’eau stagnée au niveau d’une ancienne buvette fermée ( Mondo-Mondo), sur la voie principale. Face à l’inquiétude des motocyclistes de tomber en panne, ou dans l’eau, les deux jeunes les alertent des dangers, et leur proposent une aide de contournement. Une fois l’aide acceptée, ils soulèvent de force la moto du conducteur pour la mener à travers la baraque de la buvette, laissant la possibilité de deux sorties pouvant contourner l’eau. Une aide de traversée permettant aux motocyclistes de récupérer leur moto en deux minutes et de continuer leur chemin.
À en croire un conducteur de moto japonaise « Wave S », qui a bénéficié de l’aide pour une énième fois, les jeunes font un grand boulot.
 << Depuis le matin que je fais mes courses, une fois que j’arrive à ce stade de la voie, ce sont eux qui m’aident à contourner l’eau même s’ils prennent de l’argent >>.
 Avec un sourire aux lèvres, il avoue avoir déjà payé au total 250 FCFA aux enfants. 

Le Petit terrain en face du mosquée


<< Les enfants pour cette fois, je ne paye rien inhhh, vous m’avez déjà pris 250 alors que je n’ai pas fini mes courses, dès mon retour on se verra humm!!! Tchao >>. 
Sans doute les deux jeunes garçons ont laissé leur client fidèle s’en aller sous des airs bienheureux et se sont pressés pour alerter d’autres motocyclistes. Les difficultés, ils en rencontrent, mais comme il y a de l’argent, il faut persévérer avant la tombée de la nuit. Le soir, les deux jeunes se retrouvent pour partager le montant total de la journée, fruit de leur labeur.

Chaque année, au Bénin, la saison des pluies créée des soucis aux populations. En dépit des efforts de l’État central et des municipalités (dont l’élaboration des projets comme Le Grand Nokoué avec l’asphaltage en cours de réalisation), les pluies diluviennes menacent les quartiers des villes.
Certains nouveaux maires, élus lors des municipales du 17 mai dernier, doivent se mettre résolument au travail pour relever les défis de l’inondation en cette période de crise sanitaire Covid-19.

Moto Wave S

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