Médard Clobechi

Tontine sexuelle 2.0, un danger pour le cyberespace et les adolescents 

La prostitution est une vieille pratique du monde. Bien qu’elle ne soit pas légalisée au Bénin, elle est exercée comme métier et sous plusieurs formes. La plus récente forme, reste le phénomène de « Bizi ». Le phénomène tourne à la numérisation et atteint les espaces en ligne. On parle de la *tontine sexuelle ou “tontine du sexe” dont la gestion se fait en ligne entre les prostituées et clients. Cette nouvelle forme de pratique prend de l’ampleur et constitue un danger pour un cyberespace sain et vivable pour les adolescents et jeunes qui découvrent les réseaux sociaux.

*C’est une association de personnes qui cotisent à une caisse commune et dont le montant revient à tour de rôle à chacune d’entre elles.

Caricaturiste : BONBAZARO ZINZIN BZ – Réalisée pour Médard C, avec accord pour publication

Le phénomène étale ses tentacules. Les jeunes filles et garçons font des levées de fonds sur les réseaux sociaux. Dans ces groupes, un homme doit participer à hauteur de 2100 francs tous les trois jours, pour bénéficier de deux femmes au choix, qui encaissent ensuite les tontines. Le nombre des membres varie d’un groupe à un autre. Au minimum, il y a 15 membres, dont 10 garçons et 5 filles. Si le tour de l’homme qui doit mettre de l’argent dans la tontine arrive, celui-ci rentre en contact avec une fille de son choix pour un rendez-vous sexuel dans une chambre de passage ou dans un hôtel.

Capture des tarifs de plan Bizi
Capture des tarifs de plan Bizi

L’influence du phénomène dans le cyberespace

Le numérique offre aux jeunes des espaces leur permettant d’initier des actions de plaidoyer et de mobilisation sociale pour défendre leurs droits en matière de santé sexuelle et reproductive. Dans le même temps, sur les réseaux sociaux, on retrouve d’autres espaces où les filles échappent à tout contrôle et sont ainsi exposées à plusieurs menaces. Elles peuvent par exemple être victimes, de harcèlement sexuel, de proxénétisme en ligne, de la participation à des rencontres autour du sexe, des rencontres avec des inconnus aux intentions douteuses, d’exhibitionnisme, la prostitution, la consommation de la pornographie, etc. En effet, les violences en ligne peuvent prendre plusieurs formes : publication de propos ou d’images sexistes, surveillance à l’insu de la victime, etc.

Photo by Iwaria via Iwaria

Tout ceci révèle un caractère d’influence sur les jeunes adolescentes. Par exemple, une jeune fille qui tombe sur un espace de sexe en ligne est d’une manière ou d’une autre psychologiquement incitée à la débauche ou à la consommation de drogues et l’alcool. Si la fille n’a pu contrôler ses impulsions ou sentiments, elle acceptera. Et nos adolescentes sont les plus victimes de ces nouvelles tendances sur le web social.

Que faire face au problème ?

En réalité, le monde fait d’importants progrès en matière de protection dans l’espace numérique. Et, si nous ne prenons pas les taureaux par les cornes, ces nouvelles formes de violences à l’égard des femmes sur les réseaux sociaux, vont tordre le coup au travail qui s’est fait sur l’égalité des sexes jusque-là. Alors, le gouvernement béninois peut adapter les dispositifs juridiques de protection des droits des filles à un mieux-être sexuel et reproductif à l’internet :

En réalité, le monde fait d’important progrès en matière de numérique. Et, si nous ne prenons pas les taureaux par les cornes, ces nouvelles formes de violences à l’égard des femmes sur les réseaux sociaux, vont tordre le coup au travail qui s’est fait sur l’égalité des sexes jusque-là. Alors, le gouvernement béninois peut adapter les dispositifs juridiques de protection des droits des filles à un mieux-être sexuel et reproductif à l’internet :

– La Loi n° 2003-04 du 03 mars 2003 relative à la Santé Sexuelle et à la Reproduction, la loi n° 2006-19 du 5 septembre 2006 portant répression du harcèlement sexuel et protection des victimes en République du Bénin, etc.

– Appliquer l’article 524 de la loi N° 2017-20 du 20 avril 2018 portant code du numérique en République du Bénin stipule que « les agressions sexuelles autres que le viol sont punies de dix (10) ans d’emprisonnement et vingt-cinq millions (25 000 000) de francs CFA d’amende lorsque la victime a été mise en contact avec l’auteur des faits au moyen d’un ou sur un réseau de communication électronique ou un système informatique »,

– Étudier les questions liées à l’accès des adolescents ou jeunes à l’internet tout en élaborant des programmes d’études qui tiennent compte de nos réalités socioculturelles et technologiques,

– Les médias doivent revoir leur politique de diffusion et insérer des émissions éducatives en amenant les jeunes à mieux s’approprier des avantages de l’internet au lieu du côté négatif de la chose,

– Et, pour finir, les parents doivent jouer le rôle qui est le leur en préparant leurs enfants surtout les mineurs à faire face aux nouvelles technologiques.

Une vidéo du comédien Afou

Internet est la quatrième révolution économique au monde. Aujourd’hui, des milliers de jeunes utilisent cet outil qui leur offre des avantages et opportunités. Il est important qu’ils s’en servent à des fins utiles, plutôt que d’en faire un espace qui détruit surtout la dignité des femmes.

Médard CLOBECHI


Précarité menstruelle : Amen Bouba ouvre un atelier de confection des serviettes hygiéniques réutilisables à Cotonou

Un atelier de confection des serviettes hygiéniques réutilisables s’ouvre sur Cotonou. L’initiative émane du « cabinet médical Missigbè » en  collaboration  avec la militante féminine Amen Bouba. Entre confection des serviettes sur place, l’éducation des filles et femmes sur la précarité menstruelle et une expo-vente, voilà quelles étaient les activités dédiées à cette noble cause qui concerne depuis des siècles la gent féminine. Parlons de la précarité menstruelle avec notre militante.

La précarité menstruelle : causes et formes de violences

La précarité menstruelle résulte du manque d’accès ou manque de moyens matériels à des protections hygiéniques en nombre suffisant pour avoir une hygiène adaptée. Ce problème touche des milliers de filles et femmes dans le monde. Au Bénin, depuis quelques années, Amen Bouba, coordonnatrice U-report littoral, formatrice en hygiène menstruelle et sur la confection des serviettes hygiéniques réutilisables, en fait une bataille pour la dignité de la  femme. A en croire ses propos, la précarité menstruelle est un manque d’information, d’infrastructure et d’insuffisance de serviettes hygiéniques. Plusieurs raisons ont poussé la militante à investir et s’investir pour cette  cause.

L’atelier de confection des serviettes hygiéniques
Atelier de confection – Crédit Photo : Médard C

Le coût exorbitant des jetables : plusieurs jeune filles se retrouvent dans l’incapacité d’acheter des serviettes hygiéniques jetables à la fin de chaque mois.

Le manque d’information : Certaines femmes voient encore les menstrues sous un autre angle. Elles pensent que c’est un problème d’impureté. « D’autres disent que lorsque la femme est en menstrues, elle rejette des déchets, alors que c’est la libération des muqueuses, lorsqu’il y a absence de spermatozoïdes… », confie Amen Bouba qui ajoute aussi le manque d’eau dans les localités, parmi les soucis rencontrées par les femmes durant leurs menstrues. Selon elle, les causes de la précarité menstruelle sont d’autres formes de violence à l’égard des femmes.

L’atelier de confection des serviettes hygiéniques
Amen Bouba en atelier de confection – Crédit Photo : Amen B

Face à ces violences, la militante trouve alors les solutions dans son engagement sur le terrain (dans les écoles). Elle combat les préjugés chez les jeunes filles, voir introduit de nouvelles habitudes pratiques pour qu’elles s’offrent leur propre serviette.

L’atelier de confection des serviettes hygiéniques

C’est un samedi pas comme les autres au « Cabinet Missigbè » à Cotonou. On se croirait dans un atelier de couture. Sur la devanture du cabinet, on retrouve les installations de confection de Amen Bouba. Des serviettes hygiéniques réutilisables avec des emballages à moindre coût sont exposées, pendant que la machine à coudre fonctionne convenablement.

L’atelier de confection des serviettes hygiéniques
Atelier de confection – Crédit Photo : Médard C

« Avant de commencer la confection, je passe d’abord par la communication sur l’hygiène menstruelle » déclare Amen Bouba, tout en montrant dans sa communication l’avantage des serviettes hygiéniques réutilisables. Elle met en avant l’avantage économique de ses serviettes et leur impact positif sur l’environnement. Place à la couture, où les techniques, et méthodes de couture sont dévoilées accompagnés des matériels afin que les filles elles-mêmes depuis la maison peuvent confectionner les serviettes réutilisables et non jetables.  L’atelier de confection s’ouvre à chaque dernier samedi du mois à ceux qui voudront bien y participer.

L’atelier de confection des serviettes hygiéniques
Des servittes gygiéniques reutilisables confectionnées – Crédit Photo : Médard C

Amen Bouba est Coordonnatrice U-report de Cotonou. U-Report Bénin a vu le jour le 23 mars 2021, et la coordonnatrice multiplie les actions sous la coupole de l’Unicef pour la lutte des droits de l’enfant, l’entreprenariat et leadership pour combattre le chômage, le changement climatique etc. Militante féminine, Amen Bouba dispose à Akpakpa, un quartier de Cotonou son atelier haute couture. Ce  qui fait d’elle formatrice en hygiène menstruelle et sur la confection des serviettes hygiéniques réutilisables pour l’épanouissement des femmes.

« Avoir ses règles tous les mois c’est une galère » dixit Dr Adjahi Lise-Hélène

Dr Adjahi Lise-Hélène – Crédit Photo : Médard C

L’idée de la confection des serviettes hygiéniques réutilisables est née de la  volonté de Mme Adjahi Lise-Hélène d’accompagner Amen Bouba dans son militantisme. Interrogée, la propriétaire du cabinet Missigbè, Dr en médecine générale trouve l’utilité qu’offrent les serviettes aujourd’hui sous nos cieux. « Ce n’est pas que du pagne ce que Amen Bouba fait. Il y a différents matériaux pour qu’on puisse les laver, les rendre propre et les réutiliser d’un point de vue économique, écologique et hygiénique. Il n’y a pas photo. » martèle la Dr en médecine générale. Pour elle « Avoir ses règles tous les mois c’est une galère, on se demande toujours si on n’est pas taché par derrière, dans certaines cultures on ne sort pas, alors que les serviettes jetables coûtent extrêmement chère » démontre Dr Adjahi Lise-Hélène. Elle invite les filles à s’intéresser aux serviettes hygiéniques réutilisables pour se sauver de la précarité menstruelle.

Médard CLOBECHI


APEROMIX NEEFA démocratise l’art numérique pour les enfants à Le Centre

PiL’Z studio et MEZ ont coanimé un atelier d’arts numériques pour les enfants à L’espace culturel « Le Centre » à Lobozounkpa le samedi 21 octobre 2023. Un atelier jeune public d’apprentissage et de démocratisation des arts numériques aux profits des tout petits. L’initiative émane de l’association APEROMIX NEEFA qui œuvre pour l’éducation des enfants au Bénin.

Quand les enfants découvrent les techniques de Mix

atelier de D jing avec Mez – Crédit Photo : Le Centre

On se croirait dans un club musical composé en majeure partie des enfants. Le bruit des oufer speaker n’a pas empêché les enfants du quartier Lobozounkpa, et ses environs, d’apprendre les techniques de mix. Au menu de cet atelier d’arts numériques : de la Vidéo mapping ou V Jing et du D Jing. Les enfants repartis en groupe de trois, dont un groupe porte à sa tête un artiste visuels, suivent les instructions et après s’essayent à la manipulation technique des tables de mixage, platine et autres. Les formateurs : Mez, Julien Cuny, Lara Tatouille, Manon Le Roux sont des artistes visuels de PiL’Z Studio, un studio de création numérique spécialisé dans la vidéo mapping en Europe. À  tour de rôle donc, les enfants ont mixé des sons, manipulé des images, des vidéos en images, et découpé des images numériques.

Démocratiser l’art numérique pour les enfants

atelier de de vidéo mapping avec Lara – Crédit Photo : Le Centre

L’artiste est créateur, mais aussi médiateur et animateur d’interactions entre le public et ses œuvres. Dans un monde en pleine mutation, il est important de former les enfants aux métiers d’arts numériques. Simple raison pour laquelle, l’association APEROMIX NEEFA a pensé cet atelier d’apprentissage en vidéo mapping pour les enfants. Selon Julien Cuny, le D jing c’est la pratique de mixage des musiques  entre elles. L’atelier permettra donc, aux enfants d’appréhender les machines comme la table de mixage. « Vous voyez une table de mixage, et sur la partie vidéo on a un PC qui vient commander le vidéoprojecteur sur lequel on va mixer de la vidéo. L’idée, c’est de faire collaborer la vidéo et le son. Cela se voit aujourd’hui sur les festivals. Du coup on vient montrer aux enfants comment ça marche, car c’est très facile » explique Julien Cuny de PiL’Z Studio.

A en croire Lara Tatouille, la vidéo mapping reste une technique de découpage d’image. Elle consiste à spatialiser l’image, et la découper en temps réels. Elle se réjouit de la captivité et la réactivité des enfants. Après les moments ludo-éducatifs avec les enfants, s’en ait suivi une projection projet de film  « A fon de cirk » mené par Circo Bénin, Neefa & Serious Road Trip Besançon.

atelier de V jing – Crédit Photo : Le Centre

Association Apéromix Neefa, l’art musical au service de la solidarité

L’association l’ApéroMix NEEFA qui est une filiale de NEEFA (Nouvelle Ère de l’Enfant et de la Femme Africaine). Depuis 10 ans, elle favorise la construction de l’avenir des enfants et des femmes africaines. Interviewée après l’atelier d’initiation au V Jing et D jing en  collaboration  avec Le Centre, Leslie, Présidente de l’association nous confie tout sur l’association, voir son fonctionnement.

En effet, au détour d’une rencontre avec le Franco-béninois Gérard GANGBES, l’idée est venue de créer l’association pour venir en aide aux enfants en situation de besoins. L’initiative consiste à financer des projets d’aide à la solidarité internationale grâce aux évènements musicaux qu’organise l’ApéroMix NEEFA un peu partout en Europe. Bonnement, de l’art musical au service de la solidarité. Le Bénin bénéficie de plusieurs projets depuis la création de cette association. 

Médard CLOBECHI


Bénin : #72hdublog, le blogging comme outil de développement démocratique

Le blogging est toujours un excellent moyen d’expression en ligne ouvert à tous. Comment en faire un outil de développement durable aujourd’hui avec les générations actuelles ? À l’occasion de la journée mondiale du blog, l’association des blogueurs du Bénin (Ab-Bénin) a tenu l’édition 2023 des « #72hdublog » autour de cette problématique. Trois jours d’activité pour former les jeunes au numérique et pour explorer différentes questions liées à la fois au développement durable et à la responsabilité publique du blogueur, en compagnie d’experts.

L’engagement citoyen à l’ère du numérique

Le numérique s’impose dans tous les domaines de la vie. Quant au militantisme social, il subit des changements avec l’évolution du web et des médias sociaux. Le premier acte des #72hdublog, a porté sur « l’engagement citoyen à l’ère du numérique : militer de manière constructive ». Un webinaire qui a regroupé des acteurs du numérique et de diverses communautés connectées sous la direction de Lorraine Quenum, une blogueuse béninoise. On peut retenir que « l’engagement citoyen consiste déjà en un citoyen qui décide de s’investir pour une cause sans forcément attendre de contrepartie. » Une définition avancée par le docteur Wenceslas Mahoussi spécialiste des pratiques informatiques, numériques et médiatiques.

À en croire les panélistes, s’engager en ligne mérite d’avoir une certaine connaissance. Il faut maîtriser l’utilisation de l’outil internet, savoir s’exprimer sur les réseaux sociaux et être capable de créer une communauté en ligne. Le numérique fait lumière sur l’engagement citoyen et amène des « followers » à adhérer à une cause commune, mais cet outil n’est pas sans contraintes. Il faut savoir gérer la désinformation, le cyberharcèlement, la non-liberté d’expression en ligne, les inégalités et le problème d’inclusion digital, qui sont des problèmes soulignés par les intervenants.

En ligne, il est important de se protéger. Selon les intervenants ces problèmes sont à intégrer dans une dynamique d’engagement numérique et il faut donc maîtriser certains points importants : « régler les paramètres de sécurité, lire les politiques de confidentialité et éviter de cliquer sur n’importe quel lien » comme le propose Rachad Sanoussi activiste environnemental. Le docteur Wenceslas Mahoussi estime qu’il est crucial de structurer son identité numérique et de constamment maintenir une bonne hygiène numérique. La responsabilité des gouvernants et des citoyens doit être engagée, selon Bénédicta Aloakinnou Présidente de la Fondation jeune fille actrice de développement (Fjad). Elle fait savoir qu’il revient à l’État de protéger les droits numériques et les données en ligne.

L’engagement citoyen au rythme des outils numériques est un excellent moyen pour agir sur le changement des communautés. Toutefois, il revient à chaque individu d’apporter sa contribution au développement durable.

Le blogging, un moyen efficace pour panser la démocratie

Le blogging pour soigner les démocraties ouest-africaines ? C’est la question de l’acte deux de ces #72hdublog à travers un X-Space qui a réuni de jeunes acteurs du blogging, du web, du journalisme, du droit et ceux qui œuvrent pour la pérennité de la démocratie dans la sous-région.

Ecoutez le twitter space

Le blog est un excellent moyen d’expression numérique. Au sein du web, le blog peut être un outil utile et impactant. Au-delà de cette définition, Maurice Thantan, journaliste ex-blogueur de Mondoblog, estime qu’il est important que le blog ait un impact sur le débat public, en particulier sur les questions de démocratie. À ce propos, Glory Cyriaque Houssou, spécialiste des droits humains, observe qu’en Guinée (Ablogui) les dérives politiques constituent des actes de dysfonctionnements qui freinent le système de gouvernance. « La malhonnêteté des acteurs politiques, qui deviennent les ennemis de la démocratie une fois élus, lorsqu’ils confisquent le pouvoir, entraîne l’absence de l’Etat dans certaines communautés. Cette dérive démocratique engendre des injustices et des inégalités » selon Cheikh Fall, président des AfricTivistes. Face à ces exemples de dérives démocratiques, le blogueur a son rôle à jouer.

Face à ces dérives, le blogging semble être un outil utile pour panser la démocratie. « Dans toutes les idéales de démocratie, la participation active des populations aux débats est essentielle. Donc, le blogging va aider à cette participation afin que la voix de tout le monde soit entendue », avance Maurice Thantan avant d’expliquer que « les canaux traditionnels qui participent de la vitalité de la démocratie ont été progressivement caporalisés par les acteurs politiques ».

Ainsi, le blogging qui n’est qu’un simple outil numérique, se présente comme une alternative pour faire entendre de nouvelles voix. Malheureusement, dans certains pays les blogueurs sont confrontés à des problèmes : la non-jouissance de leur liberté d’expression en ligne, des poursuites judiciaires pour violation du code du numérique, etc. Dans ce contexte de restriction de libertés, Maurice Thantan appelle à avoir une force de conviction en s’appuyant notamment sur des réseaux de solidarité. Les questions de la professionnalisation des blogueurs, de leur formation et de leur documentation ont été aussi suggérées par les conférenciers. Durant ces trois jours d’échanges, Emmanuel Ganse, président d’AB-Bénin, et Ganiath Bello blogueuse journaliste, étaient porteurs de ces propositions.

La formation de jeunes béninois dans les métiers du numérique

Les #72hdublog ne se sont pas arrêtées à des discussions en ligne. Une équipe de jeunes experts dans le numérique ayant à sa tête Emmanuel Ganse, a été déployée dans la commune de Dogbo, ville mère du département du Couffo (sud-ouest du Bénin). Durant cette journée de formation, une trentaine de jeunes de la ville a été outillée sur les métiers du numérique, porteurs d’avenir. Il s’agit entre autres du community management, du graphisme, de la communication digitale, de la rédaction web et du marketing digital. S’imposer en ligne nécessite de comprendre les lois qui régissent le numérique au Bénin.

Le Bénin à l’épreuve du terrorisme

Par ailleurs, il faut aussi souligner que le développement durable nécessite une quiétude totale. L’Ab-Bénin n’a pas manqué d’explorer la question du terrorisme à laquelle le pays et la sous-région font face. « La souveraineté des États ouest-africains à l’épreuve du terrorisme », est le dernier thème qui a réuni une centaine de jeunes de Cotonou. Avec les experts Landry Angelo Adelakoun et Christelle Medaho, la problématique a été abordée et des propositions ont été faites pour endiguer la menace terroriste qui fragilise le Bénin et les Etats voisins.

Les #72hdublog ont été riches en diverses activités, qui ont contribué à éveiller la citoyenneté des jeunes. Mais, aussi à affûter les créateurs de contenus en ligne pour un monde plus démocratique et durable.

Médard CLOBECHI


Cursus Bachelor d’Epitech Bénin : les meilleurs débouchés dans le secteur informatique

Installé au Bénin depuis 2019, Epitech Bénin est parvenu en quelques années à se positionner comme le carrefour des formations d’expertise informatique. Grâce à sa section Bachelor, l’école forme des milliers de jeunes, notamment des nouveaux bacheliers et leur doter des outils modernes et cruciaux pour mieux s’explorer dans le monde des nouvelles technologies et faciliter employabilité. Présentant une variété d’avantages, ce programme est conçu pour les jeunes ayant réussi à décrocher nouvellement le premier diplôme universitaire. Dans cette cet article, nous exposons et présentons des débouchés dans le secteur informatique avec le Bachelor d’Epitech Bénin. 

Cursus Bachelor d’Epitech Bénin, 36 mois pour devenir un expert dans le secteur informatique

By Epitech

Chez Epitech Bénin, trois (03)années de formations suffisent pour faire de vous un as du monde informatique. Cette formation dont les modules répondent aux normes aide les étudiants à facilement intégrer les entreprises et à devenir des professionnels dans leurs domaines. Mieux, cela ouvre la voie à plusieurs débouchés dont particulièrement : l’Administrateur système et réseau, Chef de projet, Ingénieur, Développeur, Consultant, audit-conseil, Créateur /chef d’entreprise, Directeur technique et bien d’autres. Voici le lien pour s’inscrire au cursus Bachelor it.ly/bachelorepitechbj

1-    L’administrateur système et réseau

Le métier d’administrateur système et réseau est l’un des premiers qui découlent de la formation au niveau de Bachelor en Technologies de l’information à Epitech Bénin. Ayant compris très tôt qu’aucune société ne peut fonctionner sans ce corps de métier, l’école met à la disposition de ses étudiants tous les rudiments nécessaires pour sortir en 3 ans experts dans ce domaine tant recherché, pourvoyeur d’emploi et d’opportunités.

En choisissant de vous inscrire à Epitech Bénin, vous vous ouvrez les portes pour être aussi un responsable de l’exploitation des moyens informatiques au sein d’une entreprise. Votre rôle consistera juste à veiller au bon fonctionnement des installations techniques et de maintenance. Et pour ça, il faut une formation professionnelle avec des modules dispensés par des experts et des spécialistes avérés.

Avec les matières d’infographie, de programmation, de robotique et même d’anglais, tout est fourni pour développer une variété de compétence sur le marché de l’emploi.

2-    Chef de projet

Conscient des besoins du marché de l’emploi et soucieux d’envoyer sur ce marché des Bachelors d’une expertise sans pareille et d’un professionnalisme recherché, avec le Bachelor d’Epitech, l’étudiant formé peut aussi s’intéresser à la gestion de projet. Ceci est possible grâce aux contenus des programmes de cours mise à la disposition de ceux-ci par l’école et grâce à la qualité de ses enseignants.

Avec ce bonus, un étudiant qui sort après trois (03) ans a la capacité d’organiser et de mettre en œuvre un projet, notamment ceux qui découlent de la mise en place d’un système informatique, de la maintenance d’un réseau ou tout autre projet du même ordre. Une nouvelle raison de s’inscrire dans les meilleurs délais à Epitech pour un avenir assuré.  

3–    Ingénieur

Beaucoup ne savent pas encore, mais le métier d’ingénieur est l’une des opportunités en vogue et valorisé aujourd’hui au Bénin et dans le monde. Prenant en compte peu de personnes de nos jours, il constitue une niche d’emploi et de création de richesse. Son rôle consiste à conduire par exemple des ouvrages et des travaux publics. Il s’agit de la construction, de l’entretien des routes. De même, l’ingénieur s’occupe de l’exploitation des mines, des applications industrielles et autres.  

Au niveau du Bachelor en technologie de l’information d’Epitech Bénin, vous avez aussi cette opportunité. Les programmes de formation établis avec les spécialistes permettent à l’étudiant de très vite se familiariser à ce métier et d’inscrire son nom en lettre d’or dans le domaine. En effet, cela démontre à suffisance qu’avec Epitech, il existe une volonté de finir avec ce système qui ne garantit pas à un diplômé un emploi ou un tremplin d’insertion dans la vie professionnelle.

4-    Développeur

Vous avez la possibilité avec votre baccalauréat de devenir un meilleur développeur en suivant les cours au niveau d’Epitech Bénin. Au bout de trois ans, vous aurez la possibilité de développer vous-même des applications, des systèmes informatiques, des sites web.

 Les cours de programmation, de sécurité sur le web, de mathématiques qui seront données vous aideront à accomplir sans faille votre passion avec beaucoup de compétence.

5-    Consultant, audit, conseil

Pour mieux analyser les finances d’une entreprise aujourd’hui, il est important d’avoir aussi un meilleur niveau en informatique. Au niveau d’Epitech, les étudiants qui sortent peuvent aussi être des consultants en audit-conseil. C’est aussi l’un des nombreux avantages qu’il importe d’expérimenter au niveau de la formation Bachelor en technologie de l’information d’Epitech. 

 

By Epitech

6-    Créateur ou Chef d’entreprise

Il est aussi bien possible avec Epitech de finir sa formation en informatique et de créer soi-même son entreprise. Cela dépend des visions du Bachelor et de ses orientations professionnelles. Mieux, le diplômé peut aussi postuler à un recrutement et être chef d’une entreprise spécialisée dans les systèmes informatiques.

7-    Directeur technique

Autant d’opportunités à découvrir avec le programme Bachelor d’Epitech Bénin. Hormis tout ce qui est mentionné ci-dessous, la formation vous permet par ailleurs de devenir le Directeur technique d’une entreprise et de mettre en œuvre les politiques de développement de cette société. Avec les différentes matières proposées par l’école, le Bachelor qui sort a toutes les qualités pour avoir les méthodes requises et les stratégies pour développer une entreprise.

En vous rendant sur la plateforme https://epitech.bj/candidature_bachelor/, il est disponible tous les autres détails sur le programme en ce qui concerne les conditions d’inscription, les matières et autres informations utiles. Bonne chance.


Le Career Center d’Epitech Bénin : l’agence qui prépare les étudiants à l’emploi

Epitech Bénin offre aux jeunes béninois l’assurance de trouver un emploi. L’école d’expertise informatique en Afrique dispose en son sein un pôle d’orientation du monde professionnel. Il s’agit du Career Center, un pôle qui prépare les étudiants à l’intégration du marché de l’emploi. Un processus simple qui se fait en partenariat avec plusieurs entreprises. Le Career Center d’Epitech Bénin offre ses services aux étudiants d’Epitech. La campagne d’admission dans ce campus est actuellement en cours pour les étudiants désireux de faire carrière dans le digital.

Le Career Center, un pôle d’accompagnement professionnel des étudiants

By Epitech Bénin – Career center

Career Center d’Epitech est un pôle qui s’occupe de l’accompagnement des étudiants d’Epitech Bénin de manière transversale pour leur développement personnel et professionnel. L’agence sert de pont entre les entreprises et les étudiants désireux de s’offrir un emploi après la formation. Il propose aux apprenants un flux d’emploi en sollicitant les offres des entreprises. « Nous représentons les parents des étudiants au sein d’Epitech Bénin. Nous sommes à l’écoute de nos étudiants de la première année jusqu’en Master » explique Idelphonse Mougnannou, chef de projets au Career Center d’Epitech Bénin. Trouvez-ici le lien pour s’inscrire au Bachelor d’Epitech Bénin afin de bénéficier des offres du career center pour la prochaine rentrée.

Le pôle Career Center est destiné aux étudiants d’Epitech Bénin et aux alumni (les étudiants actifs et ceux qui ont déjà fini le cursus)Travailler les compétences comportementales indispensables à la reussite de leur parcours:

  • Communication
  • Organisation
  • Travail en équipe
  • Prise de parole en public
  • Intelligence émotionnelle
  • Autonomie

 Ce processus s’effectue avec des experts, psychologues, et differents coachs.

Les avantages du Career Center d’Epitech Bénin

Career Center d’Epitech Bénin, au-delà de l’insertion professionnelle accompagne les jeunes apprenants.

  • Le suivi personnel par étudiant : à Epitech Bénin, l’étudiant a la possibilité d’être suivi personnellement. Il pourra alors poser les problèmes ou inquiétudes. Avec la présence des psychologues, vous avez une écoute dressée pour vous.
  • La présence des coachs : des coachs en communication professionnelle aident les étudiants à rédiger les mails, avoir la maîtrise de rédaction de documents professionnels. Le pôle dispose également des coachs qui accompagnent les étudiants sur le plan professionnel, personnel et technique.
  • Les bootcamp : l’organisation des bootcamp permet aux jeunes d’engranger des techniques d’utilisation de certains outils dans les entreprises qui recrutent. Pour bénéficier de ces avantages, il faut impérativement s’inscrire à Epitech Bénin. Les éleves admis au Bac peuvent s’inscrire au cursus Bachelor (1ere année, 2e année, 3e année), ou en Master of science MSc Pro (Pré-MSc, MSc 1, MSc2). Le troisième cursus est la Coding Academy. Cette dernière est une formation accélérée de six (6) mois pour les personnes en attente de se reconvertir facilement dans le numérique.
Carerr center
By Epitech Bénin – Des étudiants en formation

L’insertion professionnelle des jeunes en marche

En 2023, Epitech Bénin réalise un bon chiffre d’insertion professionnelle des jeunes apprenants. Dans le département de formation Coding academy, sur 84 étudiants formés, 77 sont déjà employés. Quatre (04) personnes sont devenues entrepreneurs, et deux (02) qui viennent de se trouver un boulot. Cette année la job fair est organisée au profit des étudiants de la 1ère année de Bachelor et aux étudiants de la Coding Academy. Cet événement a permis d’insérer 90 % des étudiants ayant pris part.

By Epitech Bénin

La collaboration facile avec les entreprises

Le Career centrer collabore avec les entreprises qui interviennent dans le domaine du digital ou celles qui sont dans d’autres secteurs, mais ayant des départements informatiques. Le pôle est en partenariat avec HUAWEI, Open si, Microsoft, Go zem, Agence des Systèmes d’Information et du Numérique (ASIN), MTN, etc. Epitech est présent dans vingt (20) pays au monde. Le campus du Bénin est le seul implanté en Afrique. « Nous avons donc une large ouverture sur les entreprises à l’extérieur. Ce qui permet de positionner les étudiants à la fin de chaque cursus dans différents pays », rassure Idelphonse Mougnannou.

Sur la plateforme https://career-center.epitech.bj/, les entreprises ont la possibilité d’avoir en ligne les CV et le profil de tous les étudiants d’Epitech Bénin. Cela permet d’analyser les profils avant recrutement. Aussi, les entreprises peuvent publier les offres sur le site. Pour toute information complémentaire, les numéros 66 45 70 80, 59 08 56 06 sont disponibles. Epitech Bénin est implantée au Bénin depuis 2019. L’école reste la seule référence dans la spécialisation des métiers du digital.


Lancement de la première civic-tech verte au Bénin : Ecoblog, pour une citoyenneté environnementale positive

Ecoblog.bj est la première civic-tech verte du Bénin. La plateforme numérique veut être au centre de la question de la citoyenneté environnementale. Son objectif : lutter contre les défis environnementaux urgents, en encourageant la citoyenneté environnementale à travers la création de contenus libres. Le projet est porté par mon collègue blogueur Foumi Assanvi (mondoblogueurde la 7e promotion de Mondoblog RFI), il a été officiellement lancé samedi 5 août 2023 dans les locaux d’Epitech Bénin à Cotonou.

Un blog pour la citoyenneté environnementale

Crédit Photo : Fifa Médias – les contributeurs d’Ecoblog

Ecoblog, ce n’est pas un blog de plus. C’est une plateforme qui est tournée vers la population béninoise pour qu’elle expose les problèmes environnementaux qu’elle subit, afin d’aller vers un monde plus responsable. Ayant longtemps mûri leurs réflexions, Foumi Assanvi et Calixte Kadoukpè Babaidi, ont lancé la plateforme pour propulser l’engagement citoyen au profit de l’environnement. « Ecoblog, c’est une civic-tech verte qui a pour objectif de résoudre les problèmes environnementaux que rencontrent les citoyens béninois à travers la création d’un site qui permet d’engager un cadre d’échange entre eux et les décideurs. Cela se fait via la création de contenus libres, sous différents formats : dont le blogging, le podcasting, la création de vidéo, les images… », dévoile Foumi Assanvi, co-fondateur du site.

À l’en croire, le besoin d’agir (et de s’impliquer tous) pour la lutte contre les changements climatiques et la préservation de la nature l’a poussé à mûrir son projet et à finalement lancer cette nouvelle plateforme. « Chaque jour, on constate avec tristesse que notre environnement se dégrade. La biodiversité perd sa vitalité, et de plus en plus nous remettons en cause l’avenir des générations futures » explique Foumi Assanvi avant de faire savoir que la plateforme a été lancée dans l’optique de permettre aux jeunes de pouvoir s’exprimer et d’être au cœur des décisions environnementales.

De jeunes Eco blogueurs formés pour la cause

Crédit Photo : Fifa Médias – les Eco blogueurs en formtion

Depuis le confort d’un smartphone ou d’un ordinateur, les citoyens peuvent contribuer sur Ecoblog. Aussi, le lancement de la plateforme est accompagné de la formation de jeunes contributeurs. Il s’agit des eco – blogueurs. Ceux-ci ont été formés sur différents plans : la thématique environnementale, le blogging et la création de contenus digitaux. La première session de formation théorique a vu défiler des experts en blogging, podcasting, référencement web, etc. La deuxième session était consacrée à la pratique de la création de contenus. Les lauréats sélectionnés ont travaillé à l’identification d’un problème environnemental concret de leur quartier, et à la proposition de solutions pour faire face aux problèmes identifiés. À en croire, Emmanuel Ganse, président de l’Association des blogueurs du Bénin, la nouvelle plateforme est à suivre de près, car elle pourrait devenir une plateforme d’éducation à l’action climatique. « La plateforme est bien construite, avec un bon design, facile à surfer sans s’embrouiller » constate Emmanuel Ganse. Pour une gestion réussie de la plateforme, le Président des blogueurs béninois conseille de mettre en place un système de curation interne des différents contenus, pour que les contenus diffusés par les éco-blogueurs ou les citoyens soient traités à l’avance afin d’éviter d’éventuelles fake news.

L’engagement citoyen pour l’environnement

Les contributeurs d’Ecoblog – Crédit photo Fifa Médias

Lorsde la cérémonie de lancement, un panel a porté sur le thème : engagement citoyen, bouclier de la nature face aux changements climatiques ? La causerie a réuni les acteurs engagés pour la cause environnementale. Etaient présents : Luc Gnacadja, ex-ministre de l’environnement en 1999-2005 au Bénin, Serge Dansou, représentant la mairie de la ville de Cotonou, Christelle Gnidehoue, Présidente de la fondation Gnidehoue, Emmanuel Ganse Président AB-Bénin et Eric Houdo, Président de ODD TV. Les acteurs du débat n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère, les discussions ont permis d’aborder ouvertement les problématiques environnementales, les invités ont ensuite convié les jeunes à s’engager pour de bonnes causes, avec force et conviction. Un bel encouragement à s’engager et à contribuer ensemble à la préservervation notre habitat commun.

Médard CLOBECHI


« Géante », l’autobiographie d’Isabelle Yacoubou, retraçant ses succès et déboires

La capitaine de l’équipe de Basketball de la France, Isabelle Yacoubou, fait parler d’elle à travers un ouvrage. « Géante », c’est le nom du chef-d’œuvre autobiographique révélé au public béninois le vendredi 28 juillet 2023 dans la salle de conférence du centre communautaire Eya à Akpakpa. La rencontre dédicace a connu la présence du ministre de la Culture Jean-Michel Abimbola et plusieurs acteurs du monde sportif et littéraire.

Une orpheline, un parcours d’amazone  

« Géante » retrace le parcours d’une sportive et d’une femme exceptionnelle sans rien cacher de ses déboires et de ses peines. Une autobiographie qui rappelle plusieurs séquences de la vie d’une orpheline de père qui, à la lisière de la vie, s’est effrayée un chemin pourtant incertain. Isabelle Yacoubou perd son père, âgé de 41 ans à l’âge de 14 ans, et mesurait déjà 1m 85. Les études mises de côté, elle trouve refuge dans le saut en hauteur, et le lancer de poids, ignorant qu’il y aura un boulevard d’avenir dans le sport. Arrivée en France à 17 ans, elle fait face aux difficultés, se voit offrir la chance de prouver sa passion pour le basket.

Hélas ! Isabelle, malgré le succès, connaît des échecs en amour qui ont rattrapé ses performances. Une histoire à découvrir qui révèle le parcours d’une amazone sportive en terre étrangère.

Crédipt Photo : Richvic Empire

Un livre de modèle pour la jeune génération

Selon l’auteur de l’œuvre, l’objectif de l’autobiographie est de partager l’histoire derrière son succès avec ses frères et sœurs. « Quand j’étais au Bénin et rêvais de devenir Basketteuse professionnelle, je ne savais pas à qui ressembler. J’aurais aimé tomber sur ce livre. Alors, je me suis dit, c’est de ma responsabilité de partager mon histoire pour inspirer les jeunes » a confié Isabelle Yacoubou.

Les matchs de la vie ne sont pas forcément ceux qui crèvent l’écran et remportent un titr  pour une Basketteuse. « Les matchs de la vie, ce sont les matchs que les gens ne voient pas, que vous ne pouvez pas trouver sur Youtube. Mais qui ont forgé qui je suis, mes combats, mes douleurs, mes défaites. Ce sont les matchs dont on ne parle pas beaucoup », a expliqué la capitaine de l’équipe de basket de la France.

Un parcours exemplaire

 Isabelle Yacoubou  lors de la Rencontre-Dédicace
Crédipt Photo : Richvic Empire – Isabelle Yacoubou et Jean-Michel Abimbola lors de la Rencontre-Dédicace

Le ministre Jean-Michel Abimbola se réjouit de l’initiative qui relie le sport à la littérature. À l’en croire, l’on pense que c’est inconciliable, mais l’ouvrage reste un exemple. « Ce qu’il nous faut pour notre pays, c’est d’avoir des modèles. Que nous puissions suivre des modèles de détermination, des modèles de réussites et de la combativité. Raison pour laquelle il m’a semblé important d’être présent pour témoigner de l’exemplarité de votre parcours, pour ce que vous faites pour révéler le Bénin », a déclaré le ministre de la Culture, Jean-Michel Abimbola.

Crédit Photo : Aaron Akinocho

Isabelle Yacoubou reste une grande figure féminine du Basketball féminin entre l’Europe et l’Afrique. Bientôt à la retraite, elle suit les cours pour s’offrir une carrière de Coach dans son domaine professionnel. Elle pense aussi à de futurs projets pour reveler des talents dans son pays d’origine.

Médard CLOBECHI


Enfants apprentis, des âmes démunies exposées aux problèmes de santé

Au Bénin, le système d’apprentissage est la seule voie d’accès à la connaissance pour les enfants mineurs qui se pose en alternative à la scolarisation ou par faute de moyens. Malheureusement, les enfants pendant l’apprentissage sont sujets à plusieurs formes de maltraitance. À la longue, cela peut avoir un impact négatif sur leur santé aussi bien physique que mentale. Analyse de la question avec des spécialistes de la santé des enfants.

Il était environ 15h 15 quand nous sommes descendus dans un atelier de mécanique moto. L’atelier est situé dans la vons longeant les rails au quartier Lobozounkpa, commune d’Abomey-Calavi.

Sous un soleil de plomb, trois garçons apprentis s’affairent, tous couchés, sous une motocyclette à trois roues. Les clés mécaniques en main, les enfants recherchent une panne technique. Le plus petit des trois jeunes apprentis mécaniciens, âgé seulement de 10 ans, se cogne la tête contre l’engin en tentant de se redresser. Il retient toute sa douleur. Vêtu d’un t-shirt et d’une culotte dont le coton est fatigué et usé jusqu’au fond, son corps frêle montre toute sa situation d’apprentissage. Son nom : Anicet Lokossou.

Comme lui, plusieurs enfants de son âge, subissent les affres de l’apprentissage sous nos cieux. Sous la pluie, le soleil, ces petites filles et garçons en âge de scolarisation sont exploités dans les ateliers. « Je dors à l’atelier ici avec mes collègues. On ouvre l’atelier à 7h et on ferme à 20h ». Cela équivaut à 14 heures de travail en journée pour Anicet. « Il m’est impossible de garer même une moto, car je suis encore petit et je ne possède pas cette force. Mais, parfois je suis tenté de le faire tout seul et ça pèse », affirme Anicet, l’air inquiet de sa situation.

Plus loin, dans un atelier de couture du même quartier, nous avons rencontré, Marc un apprenti couturier. L’adolescent estime que son patron ne respecte pas les exigences de son contrat. « Il m’a dit qu’après la signature du contrat, j’aurai un repos toute la journée du mercredi, et un repos de 3 heures environ les après-midis. Depuis la signature du contrat, rien n’est fait », se désole Marc.

Crédit Photo : Médard CLOBECHI

Le châtiment corporel, pain quotidien des enfants apprentis

Les enfants mis en condition d’apprentissage sont les plus exposés aux châtiments corporels après une quelconque bévue. « Dans l’après-midi, à la pause, il me faut parcourir une longue distance pour aller manger à la maison. Cela fait que j’accuse de retard pour revenir à l’atelier. Et, mon patron me frappe. En ce moment, il m’arrive d’abandonner l’apprentissage », raconte Eric, apprenti couturier.

Interrogés, certains patrons d’atelier continuent d’estimes que le châtiment corporel est nécessaire. « Quand bien même, tu ne veux pas frapper les apprentis, ils font une connerie pour te sortir de tes gonds. Je suis obligé de les frapper. C’est interdit, mais il le faut », avoue Monsieur Jonas, un patron d’atelier de couture. Pourtant, la loi n°2015-08 du 08 décembre 2015 portant code de l’enfant en République du Bénin interdit les formes de châtiments corporels en son article 119. « Toutes les formes de châtiments corporels sont interdites à l’école, dans les centres d’apprentissage professionnels et des structures d’accueil ». Une loi, qui n’est pas du tout respectée par les maîtres d’apprentissage. Conséquence, le châtiment corporel continue de faire partie du système d’apprentissage.

Les enfants apprentis sont exposés aux risques sanitaires

Les enfants apprentis sont exposés à des risques multiples et variés pour leur santé et leur sécurité. À en croire, Dr Midete Jean Patrice, Médecin-Pédiatre à l’hôpital de zone de Djidja-Abomey-Agbangnizoun, ces risques sont liés aux métiers ou à l’environnement de travail. « Le métier de vulcanisateur par exemple nécessite beaucoup d’efforts, ce qui favorise la survenue des hernies et des troubles musculosquelettiques avec des déformations chez l’enfant. Les métiers de mécanicien ou de peintre exposent les enfants apprentis à l’huile à moteur et à certaines substances chimiques qui engendrent des maladies de peau et même des cancers ».

Aussi, le manque d’attention à l’égard des enfants apprentis peut engendre pour ces derniers des accidents de travail avec des blessures graves voire mortelles. Approché, Romuald Assoclé, médecin généraliste regroupe les conséquences sanitaires sous deux ordres. « Sur le plan physique, la maltraitance de l’enfant peut favoriser des fractures. On frappe l’enfant jusqu’à ce que surviennent des légions osseuses ». Il peut y avoir aussi « les entorses, les infections de la peau, des hématomes ».

Sur le plan psychologique, ces enfants sont souvent anxieux. Ils sont assujettis à la dépression et des troubles de sommeil. La conséquence de toutes les atteintes se résume aux problèmes de croissance, car « ils ne dorment pas bien, vivent dans la saleté, dans l’incurie ; ils sont mal habillés, ont les cheveux mal entretenus. » Le Médecin-Pédiatre Dr Midete Jean Patrice recommande aux patrons de respecter la loi n° 2015-08 du 08 décembre 2015 portant Code de l’enfant en République du Bénin qui réglemente le travail des enfants et interdit l’apprentissage avant 14 ans.

Médard CLOBECHI


Talon-Tinubu à Paris : le déclic d’une nouvelle ère économique pour le Bénin ?

Rencontre Talon-Tinubu à Paris. Les deux (2) présidents voisins se sont rencontrés le vendredi 23 juin 2023 dans le cadre du Sommet sur le nouveau pacte mondial de financement. Lors de cette importante rencontre, ils ont échangé sur une probable coopération bilatérale pour le souffle économique de leurs différentes nations. Une rencontre qui fait taire les bruits de couloirs faisant état de la dégradation des relations entre le Bénin et le Nigeria. Mais quand on sait que les relations sont restées tendues entre Talon et l’ex-président Mohamed Buhari pendant plusieurs années, cette rencontre augure-t-elle réellement de nouvelles perspectives entre les deux pays ?

Les relations entre le Bénin et le Nigeria ne sont pas bonnes depuis l’arrivée de Patrice Talon au pouvoir. Très dépendant de la monnaie nigériane, le Bénin est touché économiquement depuis 2016 par la décision de la Banque centrale nigériane de laisser flotter sa monnaie. Malheureusement, en août 2019, le Président Talon et son gouvernement voient Mohammed Buhari ordonner la fermeture des frontières à ses voisins de l’ouest pour des raisons de lutte contre la contrebande. Un acte qui a de plus enlisé le Bénin dans sa crise économique. Ce n’est qu’en 2020 que le Bénin aura droit à une légère réouverture des frontières. L’arrivée de Bola Tinubu à la tête du Nigeria semble décrisper la situation. C’est l’impression que cela donne malgré des dévastateurs qui promettent qu’il ne serait pas en accord avec Patrice Talon.

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En réalité, au Sommet sur le nouveau pacte mondial de financement, les deux présidents semblent repartir sur de nouvelles bases. « Nous sommes prêts à travailler avec vous, Votre excellence, pour mettre en œuvre des politiques qui protégeront nos entrées terrestres et maritimes. Tout ce qui est interdit au Nigeria sera interdit au Bénin », a promis Patrice Talon lors d’un tête-à-tête avec son homologue du Nigeria. Bola Tinubu quant à lui, n’est pas resté indifférent face à l’intervention du numéro 1 béninois. Celui-ci a rassuré Talon et a fait savoir que son pays maintiendra son projecteur sur les pays africains en tant que pivot de ses politiques économiques, et étrangères, garantissant que les questions commerciales, sécurité, et les contrôles aux frontières seront mutuellement mis en œuvre. De ses échanges, l’on pourrait convenir qu’un nouveau vent souffle entre le Bénin et le Nigeria.

Le Nigeria, la grande porte économique pour le Bénin ?

Le géant nigérian aux côtés du Bénin est un atout pour lui. Selon la banque mondiale, le commerce informel entre le Bénin et le Nigeria représenterait 20 % du PIB béninois. D’autres études de terrain avancent le chiffre de 50 %. Ces études ont pris en compte la réexportation de véhicules d’occasion, de produits congelés, de boissons ou de riz. Ce qui prouve déjà que si les deux pays renouent une bonne coopération, le Bénin pourrait se porter mieux économiquement.
Avant la rencontre Talon-Tinubu, le déclic reste la réouverture totale des frontières nigérianes aux exportateurs béninois. Une action qui prouve vraiment que le Nigeria compte s’ouvrir aux pays de l’ouest sous Bola Tinubu. Et, déjà, le Bénin pourra exporter divers produits qui étaient interdits auparavant.
Par ailleurs, l’est, c’est le moment pour le Bénin d’ouvrir le marché béninois au Nigeria. Et cela passera par l’exportation de nos produits locaux. Par exemple l’ananas, le coton, le Soja. Les acteurs des productions agricoles et les gouvernants doivent faire un travail de fond afin d’identifier les potentiels besoins en produits du Nigeria pour mieux exporter. Le Nigeria est le pays le plus peuplé de l’Afrique avec une population estimée à plus de 200 millions d’habitants. Ce boom démographique constitue une opportunité pour ses voisins. Toutefois, les deux pays doivent prendre les responsabilités sécuritaires afin de mieux sécuriser les portes d’entrée des contrebandes. Car depuis 1984, le dirigeant militaire de l’époque, M. Buhari a imposé des mesures de fermetures au Bénin. Il va falloir vraiment le plus vite possible prendre réellement une mesure de protectionnisme pour le souffle des deux pays voisins.

Médard Clobechi