« Spécial Boulev’art Covid-19 », l’exposition collective au Bénin qui sensibilise sur la crise sanitaire

Article : « Spécial Boulev’art Covid-19 », l’exposition collective au Bénin qui sensibilise sur la crise sanitaire
Crédit:
31 janvier 2021

« Spécial Boulev’art Covid-19 », l’exposition collective au Bénin qui sensibilise sur la crise sanitaire

Au Bénin, la reprise des activités culturelles dans le respect strict des mesures barrières est effective depuis peu. Dans cet élan, les artistes plasticiens longtemps privés de scènes, ne sont pas restés les bras croisés face à la crise sanitaire qui secoue le monde. L’édition 10 du Spécial Boulev’art du Collectif des artistes du Bénin (CAB) est consacrée à la Covid-19, pour rappeler aux populations les mesures barrières et le protocole sanitaire. Un vernissage plein d’effervescence, et éducatif, à travers des œuvres d’arts contemporains.


Le Carrefour « Sainte-Cécile » de Cotonou a vibré aux rythmes de sons, et voix de sensibilisation, au détour des tableaux d’arts contemporains sur la Covid-19. 
Le vernissage de l’exposition collective dénommée « Spécial Boulev’art Covid-19« , laisse transparaitre sur les tableaux réalisés la réalité du danger que constitue le coronavirus pour le public, et rappelle comment y faire face. Au total une cinquantaine ont été retenus sur le projet, ce qui marque la réalisation de plus d’une centaine de tableaux et d’environ une dizaine de sculptures sublimes sur la Covid-19, après plus d’une semaine de travail en atelier à l’espace culturel « Le Centre ».

À en croire Dominique Zinkpè, artiste plasticien et président du Collectif des Artistes du Bénin (CAB), l’objectif du projet est d’amener les artistes plasticiens béninois à sensibiliser la population à continuer à observer les gestes barrière de lutte contre le coronavirus. Un projet qui s’est concrétisé grâce à l’appui du ministère de la culture et qui permettra à des milliers de Béninois de se remémorer les différentes gestes barrières. L’exposition qui s’est ouverte le 15 février a durée deux jours sous les yeux du public abondant avant d’être déployée dans les villes telles que : Porto-Novo, la place Goho à Abomey, la place Bio Guérra à Parakou afin d’atteindre la majorité des béninoise. Quelques performances des artistes confirmés et de jeunes artistes contemporains talentueux ayant été retenu sur le projet ont attiré mon attention lors du vernissage. Ici, je voudrais mettre plus la lumière sur ces jeunes à part l’œuvre de Dominique Zinkpè qui n’est plus a présenté.


• La Covid-19 crucifiée

Dominique Zinkpè explique sa performance sur la crucifixion

On se croirait à un chemin de croix ? Tenez-vous tranquille ce n’est pas la peine de parcouru les 14 stations. La performance de Dominique Zinkpè dénote de la passion du Christ, laissant un jeune homme au visage pâle mis à croix dont les quartes membres ont été attaché. C’est à l’artiste d’expliquer que son slogan reste, « Covid-19 n’est pas pour le Bénin, nous seront des survivants. Et, ceux qui ne sont encore atteint du Covid-19 dans le monde et y vivent survivront pour continuer à régner et construire le monde » à laissé entendre le président du CAB.

• Nos Cahes-nez

Intitulé « Nos Cache-nez » l’œuvre subliminale du jeune artiste Emérick Boby est réalisée sous une technique mixte. Elle fait appelle à la peinture à huile et est composée uniquement des matières récupérées : calebasse, capsules, rebus de chaussures etc. Emérick Boby nous demande le respect des ports de nos caches nez qui est un geste barrière institutionnalisée par les instances internationales et le gouvernement béninois afin de limiter la propagation de la Covid-19. Ainsi, l’œuvre aborde ce point par la représentation sculptée du Virus qui porte son masque et une main stop qui montre que cet acte du virus limite sa contamination. 

L’œuvre « Nos Caches-nez » by Emérick Boby

Ballo Oboubé Yannick Brice Emérick est un jeune plasticien dont le talent force l’admiration. Ce fils de comédien-dessinateur est épris de l’art depuis son enfance. Très tôt, il est connu  au premier cycle du collège Ste Lucie Elise d’Atropkocodji comme un comédien, féru de théâtre après avoir émerveillé tout une école lors d’une journée culturelle. L’aventure artistique va emmener le jeune à parfaire son art comme dessinateur portraitiste en 2015 à l’Union Culturelle et Artistique des Etudiants (UCAE) de l’Université d’Abomey Calavi (UAC).

En novembre 2020, il remporta le concours : « Réalise ton auto-portrait avec les objets recyclés »  organisé par l’Union européenne dans le cadre de « La Semaine Diplomatie Climatique édition 2020 ». Son credo est de réaliser des œuvres réalistes, en donnant de la valeur aux objets recyclés. Emérick Boby est bonnement un talent en auto-portrait. 

• Les gestes salvateurs

À travers le premier tableau de la seule femme à peindre au cours du vernissage et ayant retenu mon attention, Anne-Marie Akplogan entend rappeler à la population l’importance des gestes barrières essentiels. Il s’agit du lavage des mains, le respect de la distanciation,  le port régulier du masque en tout lieu.

« Les gestes salvateurs » de Anne-Marie Akplogan
« Le port correct du masque »

À cela, s’ajoute sa seconde œuvre nommée « le port correct du masque ». Pour l’artiste, il est utile de mettre un accent particulier sur ce point, car beaucoup ne portent pas bien leurs Cache-nez. « En circulation, on rencontre des personnes qui ne le portent carrément pas, ou d’autres qui le portent mal, soit sur le nez uniquement, soit sur la bouche ou en dessous du menton. Je rappelle à la population de bien porter le masque, qu’il couvre la bouche, le nez et le menton » a expliqué l’étudiante en fin de formation à l’institut national des métiers d’arts, d’archéologie et de la culture (INMAAC) à l’Université d’Abomey-Calavi. 

• Pensons évolution

Paterne Dokou, jeune artiste plasticien à travers son tableau allie l’art au mindset afin d’exhorter psychologiquement le public à lutter contre le Corona. Sur son œuvre, on voit la structure du virus placée au milieu, d’un autre côté des couleurs froides et de l’autres côté chaudes. À l’en croire, l’arrivée du Coronavirus nous a inculqué une autre manière de vivre ce qui parfois nous fait focaliser sur les mauvaises choses. « Le coronavirus n’est pas venu qu’ avec du négatif, regardons aussi le côté positif et adaptons-nous au monde pour évoluer ». Certes, on aura beau promu les techniques classiques telles que l’utilisation des gels hydroalcooliques, les masques etc… mais, si nous ne nous changeons pas de façon de faire, de mentalité, la manière de voir ce virus les et changements qu’il a provoqué. Un concept de réalisme conscient pour impacter positivement les béninois.

« Pensons évolution » de Paterne Dokou

L’effervescence du public autour de ses œuvres laissent montrer que l’art touche tous les domaines. « Le spécial Boulev’art Covid-19 » restera dans la conscience du grand public telle une édition particulière du point de vue thématique, laissant dans les consciences des œuvres impressionnantes. Loin de rappeler au public le respect des gestes barrières, cette édition a mis le pied à l’étrier à plusieurs jeunes artistes contemporains sortis des universités. C’est ce que j’appelle préparer la relève!. En attendant de les voir grands, respectons les gestes barrières pour ne pas se faire contaminé par ce vilain virus. 

Partagez

Commentaires