Médard Clobechi

Trois clés pour un changement de mentalité en 2022

J’ai suivi récemment une conférence portant sur le thème « Quelle mentalité pour une année prospère ? ». Pendant environ deux heures d’horloge, le conférencier Kim Seong Hwan, Président de l’ONG International Youth Fellowship a donné les trois clés de vie pour un changement de mentalité. Nous venons d’entamer une nouvelle année. Alors si vous voulez aussi changer de mentalité en 2022, continuez cette lecture pour découvrir ces trois notions.

Quelle mentalité pour une année prospère ? C’est le thème ayant réuni dans la salle Houdégbé pleine comme un œuf, étudiants, responsables étudiants et enseignants de l’Université d’Abomey-Calavi. Nouvelle année, nouveaux défis, il urge de se préparer pour affronter les réalités académique et sociales. Et, nombreux sont les jeunes étudiants qui n’ont pas connaissance des différents défis qui s’imposent à eux avant la fin de leur parcours académiques.

Changement des mentalités

Tout en ayant une conception erronée des études universitaires et de la vie professionnelle, ils abandonnent donc les cours, les études parce qu’ils ne sont pas préparés mentalement à surmonter les réalités de la vie estudiantine et à se projeter dans l’avenir. Oscar Akpacla, Président de l’Uneb à l’ouverture de la conférence rappelle que c’est fort de ces constats dangereux pour un haut lieu de savoir, que l’Uneb et l’ONG IYF ont tenu le pari d’insuffler une dynamique de changement radicale de mentalité pour une jeunesse déboussolée.

Les quatre grands problèmes sociaux

La jeunesse constitue la relève de toute une nation. Pour qu’une nation prospère, il faut une éducation au changement de mentalité de sa jeunesse qui prendra dans l’avenir le destin de son pays. Face aux défis de la société,  l’ONG IYF a tenu à initier les étudiants sur le changement de mentalité. A en croire le conférencier, Kim Seong Hwan, Président de l’ONG International Youth Fellowship, spécialiste d’éducation de la personnalité de ROTC de Corée, quatre plus grandes addictions mènent l’humanité. Il s’agit des jeux d’argent, d’internet, de l’alcool et des médicaments, qui constituent  aujourd’hui les problèmes sociaux qui minent notre développement. Et, les jeunes en sont les plus victimes. Il urge alors de trouver des alternatives pour résoudre les problèmes sociaux.

Kim Seong Hwan, Président de l’Ong International Youth Fellowship, communicateur principal du thème: Quelle opportunité pour une  année prospère ?
Kim Seong Hwan, Président de l’Ong International Youth Fellowship

Les trois clés pour un changement de mentalité

Le changement à la mentalité s’articule autour des piliers de l’éducation de mentalité à observer : « la maîtrise de soi, la réflexion profonde ; et la communication pour l’échange ». A titre illustratif, pour le premier élément, Kim Seong Hwan fait le lien entre la voiture et son moteur.

La maîtrise de soi, c’est comme l’équilibre de poussée du moteur et de la commande de freinage. L’homme fait savoir, que nous devons avoir des désirs comme le moteur d’une voiture, et la modération telle le frein d’une voiture. Car, dans notre mentalité nous devons avoir le système de freinage en place dont la maîtrise de nos pulsions pour ne se laisser conduit dans le danger.

En débouchant sur « la réflexion profonde » le président de l’IYF conseille à mieux pousser sa réflexion avant d’agir. Il renvoie les participants à lire l’histoire du boxeur américain Mike Tyson, le plus jeune champion du monde poids lourds de l’histoire qui a un moment de sa carrière n’a pas poussé sa réflexion et s’est adonné à la drogue, la débauche, etc. Une vie de fléau qui l’a complètement freiné er fait chuter dans sa carrière.

La Communication reste également une notion importante pour se libérer de nos incertitudes et se connecter aux autres. Des clés essentielles pour un changement de mentalité, que le conférencier demande aux étudiants d’appliquer. Pour finir, Kim Seong Hwan fait savoir que, de l’UAC sortirons plusieurs leaders. Mais, le leader n’est pas celui qui arrive à réussir seulement dans la vie, mais celui qui change les mentalités de ces citoyens. Ainsi, il est important d’avoir une mentalité nouvelle qui passe par la maîtrise de soi, l’échange ou la communication et la réflexion profonde.

IYF, est une organisation internationale socioculturelle, éducative et laïque représentée dans plus de 137 pays travers les cinq continents dont l’objectif est de contribuer à la résolution des problèmes de la jeunesse, initier les jeunes à avoir le cœur de vivre pour les autres, pour leur nation et pour le monde, parfaire les activités de l’éducation et de la formation professionnelle et orienter les jeunes et les assister dans leur insertion dans la vie active.


CAN 2021: un bilan a mi-parcours

La phase de groupe de la Coupe d’Afrique des nations 2021 a pris fin dans la soirée du jeudi 20 janvier 2022. À l’issue des matchs de cette étape, un bilan mitigé s’est dressé avec un goût bien plus particulier.

Un bilan qui appelle et interpelle

Le sucre est vraiment dans cette CAN au pays de Samuel Eto’o.
Dans les différents groupes, la pression était intense. A l’arrivée, certains grands sont tombés. Tenant du titre, et faisant partie des meilleurs effectifs de cette 33e édition de la CAN, les Fennecs d’Algérie, sont tombés en phase de groupe après une piètre prestation. Un match nul et deux défaites avec un total d’un but marqué et 4 encaissés est le bilan de l’Algérie qui a eu un parcours parsemé d’embûches. Après un nul face à la Sierra Léone, leur mythe d’incivilité va tomber face aux équato-guinéen avant une débâcle face aux Éléphants de la Côte d’Ivoire. L’Algérie sort ainsi de la compétition avec un seul point. Elle revit l’histoire de la CAN 1992 après son sacre de 1990.

Dans le même scénario les Blacks Stars du Ghana ont été éliminés de leur groupe après avoir été battu par le Maroc et les Comores.
Les Blacks Stars du Ghana après une première défaite, ont subi la conséquence du manque de fair-play des Panthères du Gabon. Ils seront ensuite abattu par un carton rouge de leur métronome André Ayew qui a pesé sur eux, pour la contre performance face aux Comores lors de la dernière journée, synonymes d’élimination.

Outre le Ghana et l’Algérie dont le parcours a été raccourci, le Sénégal et l’Égypte ont aussi fait piètre figure dans la compétition. Néanmoins, ils ont eu leur billet qualificatif pour les huitièmes de finales contre toute attente.

Il y a également eu des surprises agréables lors de cette CAN. La Gambie de Tom Saintfiet s’est qualifiée pour le second tour alors qu’elle est à sa première participation. Les Comores ont aussi réussi à se qualifier en huitième de finale pour leur baptême de feu. La Sierra qui a accroché l’Algérie et la Côte d’Ivoire n’a malheureusement pas pu se qualifier.

Quelques faits marquants de cette première phase

L’événement clé de ce premier tour demeure la bourde arbitrale du zambien Janny Sikazwe qui a sifflé la fin du match Tunisie vs mali à deux reprises avant la 90e minute. Une première fois à 85e minute et ensuite à la 89e minute. Cela serait dû à une insolation subit par Janny Sikazwe au cours du match et qui lui a fait perdu sa concentration selon le patron des arbitres.
Un autre fait de jeu, la bourde du gardien ivoirien Ali Badra Sangaré lors du match Sierra-Leone vs côte d’Ivoire soldé par 2 buts partout. Une rencontre qui a vu Serge Aurier, capitaine de cette formation, porté les gants pour les dernières minutes puisque le gardien est sorti sur blessure.
On peut y mettre aussi les penalties ratés de Wani Kazri pour la Tunisie face au Mali et de Ryard Marhez contre la Côte d’Ivoire. Le stade de Japoma qui en raison de l’état de sa pelouse sera fermé après les huitièmes de finale.
Aussi une première de l’histoire de la CAN une dame a officié un match et c’est une arbitre Rwandaise qui a été à la hauteur d’un match sans tremplin.

Un bilan mitigé mais pas surprenant

Au total, 68 buts ont été marqués lors de cette phase de groupes. Le Cameroun est arrivé à en mettre sept et par ricochet la meilleure attaque pour le moment. Parmi ces 7 buts, le capitaine Vincent Aboubakar en a inscrit 5 ce qui lui vaut la place du meilleur buteur actuel de la CAN. Avec le meilleur fond de jeu du moment, le Nigeria représente la deuxième meilleure attaque et en même temps la meilleure défense avec un seul but encaissé. Le milanais de la Côte d’Ivoire Franck Kestié , le nigérian Moses, les marocains Boufal et Hakimi, sont quelques joueurs qui se sont biens illustrés dans cette CAN.

Les 16 qualifiés pour les huitièmes

Groupe A

Cameroun
Burkina Faso
Cap vert

Groupe B

Sénégal
Guinée
Malawi

Groupe C

Maroc
Gabon
Comores

Groupe D

Nigeria
Égypte

Groupe E

Cote d’Ivoire
Guinée équatoriale

Groupe F

Mali
Gambie
Tunisie

Voici les affiches des huitièmes de finale


Cameroun vs Comores

Côte d’Ivoire vs Égypte

Sénégal vs Cap Vert

Burkina Faso vs Gabon

Maroc vs Malawi

Tunisie vs Nigéria

Mali vs Guinée Équatoriale

Gambie vs Guinée

Germain MASSEDE (Chef Desk Sport sur Radio Univers Bénin)


Bénin Zik : Vano Baby, l’ascension fulgurante qui étonne et étonnera !

S’il y a une information qui défraie la chronique jusque-là, ce n’est plus celle du concert légendaire du Roi de la Street Mr Blaaz. Mais celle de l’artiste, rappeur à la base qui se convertit en chanteur, surnommé l’impolie nationale, ou le Azéto Gbèdé. Vano Baby est depuis hier le meilleur artiste de l’année au Bénin Top 10, une cérémonie de distinction de l’Office de radiodiffusion et télévision du Bénin (ORTB).

Ce qui taraude depuis l’esprit des fans et du peuple béninois, ceux qui savent faire une rétrospective dans l’histoire de la musique urbaine béninoise, c’est qu’il y a quelques années Vano Baby semblait être interdit d’être diffusé sur la télévision nationale ou du moins n’était pas joué. Et comment en arrive-t-on aujourd’hui à ce qu’il soulève, devant la face du monde, un trophée de meilleur artiste de l’année au cours de la 13ème édition de Bénin Top 10 organisée par (ses ennemies d’hier) à qu’il n’accordait plus de crédit ? À la lumière de ma plume, je m’aventurerai dans le passé pour sublimer cette chronique culturelle d’information, un de devoir de mémoire pour la musique urbaine béninoise.

Dénoncer une sorte de magouille

Nous étions là, un 12 janvier 2020 quand Vano Baby fait un post : « Dites au BÉNIN TOP 10 de ne plus me nominer ou de mettre mon nom dans leur cérémonie pour se faire voir. Ça fait assez longtemps que j’ai déjà accepté la place que vous m’avez toujours donné. La prochaine fois, je vais vous cracher dessus« . Le jeune artiste à travers ce post semble dénoncer une sorte de magouille qui est organisée contre ses œuvres à l’ORTB. En réalité, Vano n’est pas joué sur la télévision pour des raisons de de mœurs et de dépravation dans ses œuvres. Ses singles, qui parfois adulent la foule, ne font pas effet chez nos doyens de l’ORTB. Oui, qui acceptera de jouer du Vano à la TV nationale quand on sait que le gars à la gueule puante, allie ghetto et perversité dans ses chansons ? Voulez-vous que l’ORTB joue « Adigoue Gboun Gboun » de Vano ? Je vous repose la question, comment peut-on jouer un jeune artiste qui ici fait polémique pour des actes sexuels avec un Adigoué sur un concert de Concerto ? Sacrilège ! Je ne pense pas, car la TV avant tout à un rôle d’éducation, et les médias influencent la jeunesse. Le rôle de divertissement ne devrait pas corrompre celui d’éducation. L’ORTB le sait très bien.

Le 26 décembre 2019 à Canal Olympia, deux jours avant son grandiose concert (opération 18 000 dedans, 18 000 dehors), Vano Baby exprime tout son mécontentement de la place que lui réserve la presse béninoise, allant jusqu’à insulter les journalistes pour raisons de non diffusion de ses œuvres. On se souvient tous, dans le cadre d’un concert indépendant organisé ici, où tous les jeunes artistes ont presté et été retransmis en direct sur l’ORTB. Contre toute attente la chaîne nationale coupe la partie de Vano Baby, le plus adulé par la jeunesse béninoise. Sur un autre concert à Parakou, le même exercice s’est observé contre Vano.

Un jeune qui allie talent et travail

Aurel Sylvanus Adjivon alias Vano Baby malgré ses déboires contre la TV nationale, est un jeune qui allie talent et travail. Sous le label Universel music, passant par RED LINE, il tente de s’imposer dans l’Ouest et l’international. L’homme soigne son style musical. Autrefois, injurieux, provocateur, voir sacrilège le premier artiste qui a réussi à remplir Canal Olympia tel un œuf, ne fait plus de la femme un objet vulgaire, un désir sexuel à « mettre à la charge ». Il n’utilise plus les expressions qui qualifieraient les callipyges aux formes arrondies sur lesquelles il tenterait de monter pour regarder Egun-gun. Rires… Mais il garde un côté cru, peu allié à la perversité. On l’aura remarqué dans « Nou Towé Lè » où le refrain insulte vulgairement.

Aussi, l’artiste tente de revoir son mode vestimentaire. Sur scène, ou dans la ville métropole, on voit Vano en costume flashy. Finir le temps des tenues « streetwear » mal vues. Vano semble se confier à une direction artistique qui depuis courant 2019 a changé tout son style. Un travail fait sur des années qui finit par séduire ses anciens ennemis.

Aurel Sylvanus Adjivon

Singles et clips à succès

En 2021, le jeune artiste aligne trois différents singles qui font l’unanimité du public béninois. Il s’agit de A ka toun mahou a ?, Nou Towé lè, et Tu mérites tout dont les messages sont carrément le contraire de ce que faisait l’artiste à la base.

Des singles et clips à succès qui affolent les compteurs de vue sur YouTube, et qui s’imposent à toute la chaîne d’industrie musicale… Comment l’ORTB et le public ne pourraient remarquer ce travail réalisé minutieusement sur plusieurs années ? Et, pour une première participation au BENIN TOP 10 édition 2021, le sorcier vivant se voit nominer dans quatre catégories, et reçoit le sacre du meilleur artiste de l’année. Vano Baby, c’est une ascension fulgurante dans le Top de la musique urbaine Bénin. Il soulève le trophée de la 13 édition de BÉNIN TOP 10, ce qu’on aurait pas imaginé par le passé. Wait and see, il n’a pas encore fini d’étonner !!! Qui peut nier qu’il sera le prochain Roi de la Street ?

Médard CLOBECHI


Bénin : « Tassi Hangbé la Reine amazone », un spectacle et un devoir de mémoire

Dans l’histoire du royaume de Danhomè, une seule figure féminine a pu régner sur le trône. Il s’agit de la reine Tassi Hangbé dont l’histoire ne figure pas dans la lignée exclusivement masculine de ceux qui ont conduit la destinée de cette grande monarchie de l’Afrique de l’Ouest. Une partie de son histoire est mise en scène, et ouvre ce mercredi 22 décembre 2021 au palais des congrès de Cotonou les Nuits artistiques et culturelles de Cotonou (NACC).

Le gouvernement béninois, pour clôturer l’année dans une ferveur culturelle et redonner le sourire aux artistes et populations, ouvre les Nuits artistiques et culturelle de Cotonou (NACC). Objectif ? Faire rayonner les créations artistiques les plus révélées et confirmer le talent des grands acteurs de la scène culturelle à travers toutes les disciplines culturelles, déclare le Ministre Jean-Michèl Abimbola à l’ouverture. Les dites nuits, constituées de divers spectacles ont démarré au palais des congrès de Cotonou avec, à la clé, la pièce de théâtre « Tassi Hangbé ». Un texte écrit par Florent Couao-Zotti avec une adaptation et mis en scène de Ousmane Aledji, qui retrace le parcours de la reine combattante Tassi Hangbé.

Tassi Hangbé, la reine interdite à la reine Amazone         

La représentation de Tassi Hangné, la reine amazone dans la mythique salle rouge du palais des congrès de Cotonou est plus qu’un spectacle. Il s’agit d’un devoir de mémoire. La fine plume de l’écrivain Florent Raoul Couao-Zotti s’est évertuée à restituer l’épopée de la figure féminine emblématique dans l’histoire du Danhomey.

spectacle

Un décor somptueux aux couleurs du royaume de Danhomey, des jeux de lumière, des personnages interprètes habillés de pagne blanc et noir, une salle pleine comme un œuf, etc… Il n’en faut pas plus que ça. La pièce théâtrale démarre sous les regards curieux du public béninois qui veut se plonger dans l’histoire de l’unique reine. Des personnages constitués de femmes habillées en blanc, s’avancent sur la scène avec une dépouille mortelle du roi. Elles scandent en chœur, les chansons de désarroi. À Agbomé, le peuple, pleure depuis des semaines la mort du roi AKABA. Hangbé, la guerrière et sœur jumelle du souverain se voit transférer le pouvoir et tous les attributs du royaume. 

Très tôt, la reine et ses courageuses femmes guerrières appelées les « Agodjié » qui assurent la sécurité de la cour royale, se sont confrontées à divers difficultés. Les hommes s’opposent à voir une femme sur le trône. Son jeune frère, représenté dans la pièce sous le nom de Gnansounnou complote également contre elle. Pour lui, Tassi Hangbé déshonore le trône de son père et la rue le colporte aux oreilles des notables. Alors, il commandite l’enlèvement de Tankpinou le fils de la reine, donc son neveu. Le seul qui lui reste sur les quatre de ces entrailles. « Il veut que j’abdique, que je renonce au trône sans quoi je ne verrai mon fils » confie la reine au palais à sœur Dossi les larmes aux yeux.

spectacle
Fidèle Gbégnon dans le rôle de la Reine Tassi Hangbé

En réalité, Gnansounnou, le conspirateur ne compte pas lâcher la lutte avec sa sœur devenue reine, car selon lui, il joue un rôle de protecteur et de conservateur du trône. Si la reine meurt, c’est son fils d’une autre lignée qui prendra la direction du palais, ce qui pourra mettre un terme au règne de son père Hougbadja sur terre. Le mieux serait de tuer le seul fils de la reine. La reine fatiguée par les querelles, et l’enlèvement de son fils laisse le pouvoir à son jeune frère. Son fils unique a été mis à mort pour empêcher toute réclamation au trône. Hangbe, dégoûtée de l’exécution de son fils, s’est déshabillée devant le conseil et a lavé ses organes génitaux pour montrer son mépris envers leur décision. 

Une fin tragique qui laisse les uns et les autres sur leur faim de continuer à apprendre de l’histoire de la femme dans le royaume à la société aux temps modernes.

La pièce « Tassi Hangbé », une réécriture de l’écrivain Florent Couao-Zotti mise en scène par Ousmane Alédji est interprétée par des acteurs authentiques de la scène béninoise. Il s’agit de Fidèle Gbégnon dans le rôle de la reine Hangbé, Nathalie Hounvo Yekpe, Rachelle Agbossou qui interpratait une partie du monologue à travers la danse contemporaines, les sœurs Teriba Tatiana et Carine avec une voix suave, Nicolas De Dravo Houenou et Raphael Hounto.

spectacle



Camel Kaneho, écolo pour un monde croustillant.

Crédit: MAC Agency/Conférence à Natitingou.

Il est de Ceux qui militent pour un monde meilleur. Camel Kaneho, serial entrepreneur, artistes aux multiples facettes et joueur de Rugby, impacte depuis peu les communautés au Bénin. Conscient et remarqué sur le terrain, l’homme allie talent et leadership dans l’activisme où il tente de travailler pour un monde plus accueillant. Qui est Camel KANEHO ?

Un défenseur de la nature.

Diplômé en Communication et en  Philosophie à l’Université d’Abomey-Calavi, Camel Kaneho semble l’un des meilleurs acteurs de type nouveau de sa génération par son éclectisme. Si nos parents peuvent nous transmettre des passions, il en est la preuve palpable. En effet son combat pour le climat, pour l’environnement n’est pas le fruit du hasard. C’est un héritage maternel qu’il a su raviver chaque fois que la fortune le sollicitât. Ce fut bien le cas quand il séjournât dans les arcades du Monastère Catholique de Pèporiyakou où il fut agréablement confronté à la beauté de la wilderness.

Le numérique au profit du militantisme vert.

La passion pour l’écologie fait fleurir le savoir du Militant dans les instances de prises de décision. Il  participe à la conférence régionale des jeunes sur le climat dans le cadre des préparatifs de la Cop 23 tenue du 27 au 29 octobre 2017 à Idriss DEBY de l’Université d’Abomey-Calavi. Lors de cette activité qui a regroupé les jeunes de la sous-région, il a été question de sujets relatifs à L’écosystème naturel et sauvage, l’écosystème de production et l’écosystème humain et social. Sans doute, a –t-il animé  un panel avec des groupes de jeunes autour de la question « numérique et protection de l’environnement ». Par ailleurs, dans le cadre d’une campagne de sensibilisation autour du thème qui lui est cher,  « Numérique et protection de l’environnement », le jeune activiste, a tenu une conférence au Nord, précisément à Natitingou, le 15 Mars 2019 puis à Radio Univers le 02 Octobre 2020. Il ne faut point occulter de son engagement, celui artistique. Son œuvre photographique WaterSmile, qui met en exergue la force vitale de l’eau, a été sanctionnée par une exposition sur le Mur virtuel de Afro Pépite Show, un espace dédié à la promotion des talents artistiques Africains.

Crédit Photo: Camel KANEHO/Œuvre: WaterSmile.

Un vecteur de messages écolos.

À en croire Camel KANEHO, il est important aujourd’hui de favoriser d’une part l’économie circulaire dans le cadre des outils numériques, d’autre part, il faut soutenir les startups verts et développer les bons comportements,ou éco-comportement vis-à-vis de ces outils. Pour lui, changer le monde, c’est travailler afin que chaque citoyen devienne meilleur dans un monde croustillant. Pour y parvenir, il déploie son énergie à travers des activités pour apporter la lumière aux jeunes sur les questions liées au climat. « La force de la jeunesse africaine aujourd’hui, c’est qu’elle constitue plus de 64% de la population africaine. Elle est la dynamite, au sens positif, de la société. La jeunesse a donc cet atout pour peser dans ce combat qui est le combat de tous contre tous » assène Camel KANEHO.

Craddes ONG

Médard CLOBECHI


Bénin : les travailleurs domestiques défendent leurs droits

Le Réseau national des travailleurs domestiques du Bénin (RNTD 229), regroupé en cinq confédérations et centrales syndicales des travailleurs a lancé dans l’après-midi de ce lundi 29 novembre 2021 une campagne dénommée #RatifConv189. L’objectif ? Oeuvrer pour la ratification du Bénin à la convention 189 de l’OIT (Organsiation internationale du travail), et, lutter contre les formes de maltraitances des travailleurs domestiques afin de leur garantir un travail décent.

Les travailleurs et travailleuses au Bénin dépeignent une situation noire. Domestiques, bonniches, servantes, bonnes à tout faire… telles sont les noms que nous utilisons pour désigner les personnes travailleuses domestiques. Le Réseau national des travailleurs domestiques du Bénin (RNTD 229) compte corriger ses stéréotypes sociaux du travail. Durant dix jours, des actions médiatiques, et signatures de pétition seront menées dans le but d’introduire une plaidoirie pour la ratification de la convention 189 portant sur la reconnaissance professionnelle des travailleurs domestiques. Ceci lieu à l’issue d’une campagne médiatique lancée officiellement par le RNTD 229 en collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert (FES).

https://twitter.com/RNTD229/status/1465356593843871754

À en croire Amavi Degue, trésorier du RNTD, l’objectif de cette campagne démarrée est de sensibiliser et de dénoncer la situation pénible des travailleurs et travailleuses afin d’amener les décideurs à ratifier la convention 189, et à mieux engager d’actions pour améliorer les conditions de travail des travailleurs domestique. Car, pour lui, ces derniers contribuent au développement du pays, mais ne jouissent pas du fruit de leur travail.

https://twitter.com/EmmanuelGanse/status/1465350299372109825

Portrait du travail domestique au Bénin       

Le regard que porte la société sur le travail domestique au Bénin est le même. Le travail domestique relève du secteur informel et non structuré par l’état. Le phénomène s’observe à travers l’exode rural des filles et de jeunes gens (communément appelé « Vidomegon), la division sociale du travail. Selon une enquête réalisée par le RNTD- Bénin avec l’appui technique et financier de la Fondation Friderich Ebert (FES), en août, septembre et octobre 2021 sur 300 travailleurs de maison, les conditions de vie et de travail ne sont pas réunies pour ces travailleurs. Ils sont soumis à de longues heures de travail, elles-mêmes très mal payées.

https://twitter.com/RNTD229/status/1465355042890911748

Pour Pierrette Videgla, présidente du RNTD, les travailleurs domestiques sont mal traités sur le terrain. « 78 % de ces travailleurs n’ont aucun jour de repos hebdomadaire ; 69 % n’ont ni avantages de transport, ni logement, ni santé, ni protection de la Caisse Nationale de Sécurité sociale (CNSS), ni indemnités ou primes. 96 % touchent un salaire inférieur au SMIG et 98 % gagnent même moins de 20000 F/mois. » déclare-t-elle. « Ce sont des gens qui se lèvent déjà à 5 h et se couchent à 00 h. Ils ne bénéficient d’aucune protection sociale car ne sont pas affilés à la CNSS. Même ceux qui le sont, les cotisations ne sont pas régulièrement versées à la CNSS et cela parfois à l’insu de l’employé. Ils ont des enfants mais sont à leur propre charge quand ils tombent, par exemple, malade. » Autant de maltraitance que condamne avec véhémence Pierrette Videgla, la présidente du RNTD. 

En vue de garantir les droits des travailleurs domestiques tels qu’énoncés par les normes juridiques, le RNTD la mis en ligne une pétition « Ratification de la Convention 189 en faveur des travailleurs et travailleuses domestiques » lors du lancement de la campagne. Cliquez sur le lien https://chng.it/4fMDSCwcZC pour la signature de la pétition et inviter les uns et les autres à faire de même.

Le RNTD, l’antidote pour un travail décent…

Le RNTD 229 est le plus grand réseau de défense du travail domestique au Bénin. Créé le 15 novembre 2017 à Cotonou,  il regroupe cinq centrales et confédérations syndicales dont CSA-Bénin, CGTB, COSI-Bénin, UNSTB, CSPIB affiliées à la CSI-Afrique. Cette convergence de forces entend favoriser la reconnaissance du travail domestique comme professionnelle au vu des indicateurs de conditions pénibles que vivent les travailleuses et travailleurs.

Ainsi, le réseau qui porte à sa tête la présidente Pierrette Videgla, à travers une politique adéquate, vise à mettre en place un mécanisme de renforcement du pouvoir des travailleuses et travailleurs domestiques, promouvoir la protection sociale et le leadership des responsables syndicaux etc. Au vu des buts et actions concrètes que mènent le RNTD, les travailleurs, et surtout les femmes se réjouissent du bonheur de la gente féminine longtemps considérée comme des mères au foyer faites pour les travaux ménagers. Les travailleuses et travailleurs domestiques ont le droit à un travail décent pour s’épanouir. Et, il est impérieux que le Bénin ratifie la convention 189 de l’OIT pour un travail décent des travailleuses et travailleurs domestiques.       


Bénin : #1GigaFavi, la campagne digitale contre le prix élevé des réseaux internet

Une action digitale pour dénoncer le coût de l’internet, et le rétablissement des anciens forfaits internet est en cours actuellement à Cotonou. Les hashtags #1GigaFavi #ÇaDoitChanger sont lancés par des activistes béninois. Ce sont notamment des communicants culturels qui réclament le rétablissement des anciens tarifs pour l’accès à internet, moins chers selon eux. La toile est vive et pleine d’effervescence entre internautes et entreprises de réseaux mobiles, depuis le lundi 8 novembre 2021.

Tout est parti d’une simple publication dans la nuit du 7 novembre 2021 par le web communicant culturel Djabi Ducoin qui reprochait aux entreprises le choix d’appliquer des tarifs différentiels notamment: « Même opérateur téléphonique, différents pays et différents tarifs internet. #CaSuffit #TarifARevoir #MTN #Moov ».

Même si l’auteur du post en question ignore que les tarifs sont loin d’être égaux à cause de différents impôts que paient ces opérateurs téléphoniques dans chaque pays, le mouvement ne va pas tarder à prendre. #1GigaFavi #ÇaDoitChanger (1 Giga à 500 FCFA), c’est le mot d’ordre lancé dans la journée du lundi 8 novembre pour dire non à la cherté de l’internet.

By Mauren Adjignon Maumau creativity

Très rapidement, comme une traînée de poudre, la campagne s’est propagée sur les réseaux sociaux (Facebook, WhatsApp, Twitter), dans la ville de Cotonou. Community managers, communicants culturels, artistes, influenceurs, et citoyens sur les réseaux sociaux dénoncent le prix coûteux des tarifications internet. « Parce que les forfaits internet sont chers, nous n’arrivons plus à travailler convenablement, à mener à bien nos activités en ligne. Nous sommes parfois dans l’incapacité de soutenir nos artistes en regardant et en partageant leurs œuvres, nous restons affamés pour activer vos illimités qui nous foutent dans la merde chaque jour. Opérateurs GSM MTN Bénin & Moov Africa Bénin, revoyez vos tarifs et vos débits. Ramenez nous #1GigaFavi », s’insurgent les consommateurs sur la toile à travers les messages et visuels créés à cet effet.

La deuxième phase de la lutte est le dislike des pages de réseaux mobiles MTN et Moov, suivi des appels répétés du service client toute la journée, et de l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et de la Poste (ARCEP BENIN). Même le président de l’autorité n’a pas été raté par les mécontents.

MTN Bénin s’excuse, Moov augmente de 15 mo

Surchargé par les invectives de ses clients sur sa page officiel, MTN trouve une mauvaise formule de réponse qui accuse l’ARCEP de l’augmentation des forfaits internet, car elle serait la seule instance qui « décide de changer ou non, les tarifs des forfaits internet ».

Le lendemain, le réseau mobile sud-africain estime inexacte cette information portée à l’endroit de sa communauté. « Conformément à l’article 97 du cahier des charges, les opérateurs bénéficient de la liberté de fixation des prix des services offerts aux utilisateurs, aux usagers visiteurs et aux usagers itinérants », regrette le réseau d’avoir exposé cette information inexacte sur sa page Facebook. Un communiqué qui réjouit de plus les consommateurs.

Pendant ce temps, Moov Bénin Africa semble trouver un moyen d’apaiser les relations avec les internautes, qui ne semble pas être au goût de ces derniers. « Chez Moov Africa, profitez désormais de 165Mo/24H à 200F et 415Mo/48H a 500F. Tapez *123*1*1# », voilà leur message pour apaiser les clients. Malgré le peu d’augmentation, ceux-ci disent non à l’augmentation et exigent le retour des forfaits 1 Giga à 500 FCFA.

L’origine du mal touche aujourd’hui les consommateurs

Le 19 septembre 2018, un communiqué de l’ARCEP-BENIN faisait comprendre qu’elle appliquerait désormais une taxe sur les réseaux GSM. A l’époque, l’autorité béninoise disposait de deux forfaits internet des réseaux GSM (MTN et Moov). Un forfait qui donnait accès uniquement à des sites navigateurs Google et l’autre aux réseaux sociaux. Une décision qui n’est pas du goût des internautes donc, la naissance du mouvement #TaxePasMesMo le prouve. Rapidement, Patrice Talon, président du Bénin, va décider de suspendre cette décision. Ce qui réjouit les jeunes acteurs du numérique.

Mais, quelques semaines après cet apaisement, le gouvernement taxe les tarifs internet. C’est passé comme une lettre à la poste. 1 Giga revient à 2500 FCFA alors qu’il était à 500 FCFA seulement. Aujourd’hui, les jeunes acteurs du numérique sont revenus à la charge et exigent le rétablissement des anciens tarifs.  Va-t-on écouter leur revendication et rétablir les tarifications ? En attendant, les internautes comptent en découdre avec tous les acteurs de la chaîne internet au Bénin si rien n’est fait d’ici là.


1ère édition de la conférence JEDMAF: le Mouvement «NAISSANCE UTILE» travaille à l’atteinte de l’ODD1

Il s’est tenue à Cotonou, capitale économique du Bénin, ce dimanche 31 octobre 2021, la première édition de la Conférence Jedmaf, « Je Déclenche Mon Autonomie Financière ». L’objectif de cette conférence pour jeunes est de contribuer à la réalisation de l’Odd 1 dans un contexte où trouver une source de financement pour se lancer dans l’entrepreneuriat relève du parcours de combattant.


Eliminer l’ODD1 grâce à l’épargne ?

Il est possible de pratiquer l’épargne comme moyen d’élimination de la pauvreté. La thérapie consiste à d’abord trouver une source de revenue formelle, pratiquer l’épargne en visant la mobilisation d’un petit capital pour le démarrage d’un micro projet qui deviendra une source de richesse. Ce n’est qu’à ce moment que les demandes de  prêt en banque sont plus crédibles. L’Objectif de développement durable  premier de l’Organisation des Nations Unies reste l’élimination de la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde. Le Bénin à l’instar de l’Organisation des Nations Unies travaille pour l’élimination de la pauvreté. En témoignent les différentes innovations intervenues ces dernières années sous le président Talon qui font que l’Etat soit membre des pays où la création d’entreprise est simple dans la sous-région.

Crédit Photo: Médard C. Les participants à la conférence

En raison de sa vision et de ses objectifs pour l’humanité, le mouvement « Naissance Utile » s’emploie à contribuer à l’atteinte du premier objectif de développement durable. Cela à travers l’organisation et l’animation des rencontres entre jeunes. Ce dimanche 31 octobre 2021 alors que le monde célèbre la journée de l’épargne, le mouvement « Naissance Utile » dirigé par le journaliste Edem Abdias Sossoukpe a réuni des jeunes qui ont été entretenus sur le thème : comment réussir ses projets grâce à l’épargne ?

Le principe des « trois E » pour réussir

Dr Roger Bogninou, conférencier

 Partant d’un principe propre à lui, le conférencier s’est appesanti sur des méthodes basiques de l’intelligence financière propre à certaines traditions des femmes africaines. Selon Roger Bogninou, docteur en sciences de gestion à l’université d’Abomey-Calavi, le principe des « trois E » consiste après avoir définis clairement son idée à ne pas « essayer, à ne pas espérer, mais à s’engager ». L’orateur a démontré aux participants qu’il ne faut pas prendre le risque de se mettre à faire une quelconque activité avec pour but de faire du profit et de pouvoir épargner et puis investir son épargne après en ayant l’essai à l’esprit.

Pour ne pas subir des surprises désagréables, il est bien selon le communicateur d’apprendre à ne espérer la fortune de quelqu’un. Roger Bogninou dans un langage franc a insisté sur l’engagement comme élément déclencheur de toute réussite. Interrogé, Edem Abdias Sossoukpe a fait savoir que chacun est né pour se rendre utile puis retourner rendre compte à son créateur.

Mais, ajoute-t-il, il faut forcément être financièrement autonome pour véritablement pouvoir se rendre utile, car, poursuit-il, seuls ceux qui ont l’argent et le pouvoir décident à la place du reste. Il faut donc pour toute la créature de vraiment travailler, s’affranchir des liens de la pauvreté et travailler surtout de sorte à ce que le monde soit gagné pour Jésus-Christ. Et cela pour lui, appelle les chrétiens à aller à la découverte de leur identité afin de se révéler vraiment au monde qui attend leur révélation avec ardent désir.


Sa hanche…

@dream.couple_officiel

Elle possède une hanche assortie,
Qui m’attire à première vue.
Un jour, je l’avoue de tout mon cœur,
Son énorme beauté qui trouble mon âme.
Proche d’elle, ma main à sa hanche
Je sentis la chaleur de son corps de déesse.
Je ne pus me débarrasser de cette étreinte,
Qui me faisait perdre les sens.

Après un souffle ! Je lui ai dit:
Adjôkè tu sais que tu possèdes une très belle hanche ?
De l’esprit, d’une voix mielleuse,
Elle répondit oui !
Et me redonna ses lèvres… Collées aux miennes.
Je la retiens plus fort dans mes bras
En réponse à son acte de demande.
Mais elle a des lèvres douces,
Qui m’ont rendu faible.

D’un instant à l’autre,
Je perdis le contrôle, la mémoire,
L’amour semble s’échapper de moi.
Si intelligente, elle m’a repoussé légèrement,
Et murmure : je t’aime et je te provoquais,
Avec ma hanche.
Il y a fort longtemps
J’attendais ce jour …
Ce que femme veut Dieu veut…

Médard CLOBECHI

Ma muse m’amuse…
Trouvez toutes nos poésies et textes sur la page facebook Les Vers de mes nuits



Tribune libre : La politique africaine de la France à l’épreuve du « macronisme »

L’ambiance n’es plus la même entre Paris et ses partenaires outre-Atlantique. Même si la tension semble se décrisper entre la France et ses voisins anglo-saxons, tel n’est pas le cas avec certains dirigeants africains. Une situation qui au passage n’a en rien dérangé l’organisation du nouveau format du sommet Afrique-France qui « exit » les chefs d’Etats africains et dresse un tapis rouge aux jeunes et à la société civile.


Sommet Afrique-France 2021

Si l’addition des faiblesses au Sahel entraine des tensions plus importantes, la situation sur le terrain elle semble ne plus s’améliorer. Les voix se délient, l’heure n’est plus à la modestie à l’Elysée. La menace Wagner a fait oublier les formules de politesse et l’escalade verbale s’est enchainée, des ministres de la République au premier responsable français. Mais Emmanuel Macron a ajouté à la brouille, en lançant des invectives à l’Algérie. Le désamour se fait violent entre la métropole et les anciennes colonies désireuses de s’affirmer.

Une diplomatie aux aboies

Les AS de la diplomatie semble être mis à nue, surtout avec la crise des sous-marins. La rupture unilatérale du contrat que ce pays avait avec l’Australie au profit des Etats-Unis, est une preuve que les français n’ont pas réussi à convaincre. Et c’est sans rappeler, le jeu de dupes auquel elle a été prise en Centrafrique, où la Russie l’a mise hors-jeu.

Les choses ne semblent donc pas s’améliorer pour le pays du Général De Gaulle dont les relations extérieures ne semblent pas s’améliorer. Après le coup bas, et sans remords, Londres et Washington ont essayé de calmer la tension. Paris n’a eu guère le choix, même si, elle rumine toujours l’humiliation. N’ayant pas pu imposer son veto face à ces partenaires, c’est dans son pré carré que Macron a voulu se montrer intransigeant. Mais là aussi, l’heure n’est plus au silence et les langues se sont déliées.

L’ennemi algérien

Non content d’avoir provoqué la colère d’Alger en réduisant le quota des visas octroyés aux algériens, le président Macron enfonce le clou en tenant des propos injurieux envers ce pays d’Afrique du nord. Devant des descendants de protagonistes de la guerre d’Algérie, Emmanuel Macron a accusé « le système politico-militaire [algérien] » de s’être « construit sur une rente mémorielle » et sur « une histoire officielle (…) totalement réécrite » qui « repose sur une haine de la France ». Le pire est qu’il s’est questionné sur l’existence d’« une nation algérienne avant la colonisation française». Ces propos passent très mal à Alger. « Inacceptable ingérence », titre le quotidien officiel « El Moudjahid », et le régime d’Alger, déjà agacé par l’affaire des visas, se braque et riposte.

Si la réponse algérienne s’était limitée au rappel de l’ambassadeur d’Algérie en France pour « consultations », l’on aurait parlé d’une pratique diplomatique courante. Mais l’interdiction du survol de l’espace aérien algérien aux avions militaires français participant à l’opération Barkane transforme la situation en une véritable crise diplomatique : Paris ne s’y attendais pas à une réponse si virulente de l’Algérie.

L’opposition est donc vive de la part de l’Algérie qui montre sa volonté de ne plus tolérer les écarts de la France. Une façon sans doute de lui rappeler que l’ère des colonies est révolue. Ce sont de nouveaux rapports qui se forment ainsi entre la France et ses partenaires qui ne veulent plus d’une diplomatie paternaliste de l’hexagone.

Au Mali, la tension reste vive

A la tribune des Nations Unies, le premier ministre malien Choguel Maïga n’a pas mâché ses mots. Il n’a pas usé de détours pour accuser la France d’avoir abandonné son pays en plein vol. En d’autres termes, si le Mali se rapproche de Wagner, c’est que la France l’a bien cherché. Là encore, Paris a été pris de cours, parce que ne s’attendant pas à de telles invectives venant d’un pays qu’elle a sous sa coupe. Ce, malgré l’offensive médiatique et diplomatique qu’elle a menée contre le choix du Mali.

La position malienne a fait sortir le président Macron de ses gongs, qui un instant a oublié qu’il avait affaire à un Etat souverain. En effet, il a qualifié les propos du premier ministre de la transition « d’une honte, qui déshonore ce qui n’est même pas un gouvernement ». Pour le Chef de l’Etat français, les dirigeants maliens actuels n’ont aucune légitimité et donc pas le droit de juger des choix de la France.

Mais le « faux » gouvernement malien, selon Macron,, fort du soutien de l’opinion publique nationale, persiste et signe dans sa volonté d’exercer sa souveraineté et « de préserver son intégrité territoriale », et en aucun cas « ne permettra à aucun Etat de faire des choix à sa place et encore moins de décider quels partenaires il peut solliciter ou pas ».

Tout comme en Algérie, la diplomatie malienne invite, dans un communiqué, la France à « se concentrer sur l’essentiel ». L’influence de la France semble être contestée au Mali.

Un bras de fer inimaginable il y a peu, et que peut-être la France avait pressenti, dans la mesure où elle a décidé de changer le format du sommet France-Afrique rebaptisé pour la 28e édition sommet Afrique-France. Est-ce davantage ce genre de situations qui contraint Paris à esquiver les dirigeants africains pour étaler un tapis rouge à la jeunesse ainsi qu’à la société civile africaine ? Le malaise semble profond et une certitude s’en dégage : la diplomatie française a du plomb dans l’aile.

Guy-victoire Kanikatoma SANBENA