Médard Clobechi

Dans le Couffo, les jeunes ont désormais les clés de l’entreprenariat

La commune de Dogbo a accueilli les 18 et 19 septembre la journée de l’entreprenariat des jeunes dans le Couffo. Deux jours d’échanges, de partage d’expérience et d’orientation au bout desquels les participants savent désormais comment s’investir dans l’auto-emploi. C’est le cabinet Global services Mianondju Smart du coach Biram Amouzounvi qui a organisé la rencontre.

C’est une première dans le département du Couffo. Cette initiative du cabinet Global services Mianondju Smart vise à faire la promotion de l’entreprenariat. 

Booster la créativité des étudiants

Biram Amouzounvi, coach formateur et responsable du cabinet, a fait savoir que l’autre objectif de ces journées était d’éveiller l’esprit des jeunes pour le choix de métiers porteurs du 21e siècle. À côté, il était question pour les organisateurs de booster la créativité des élèves et étudiants dans le département du Couffo à travers le partage d’expériences des jeunes talents et entrepreneurs du Couffo. 

La cérémonie d’ouverture, qui a eu lieu dans l’après-midi du vendredi 18 septembre dans la salle de conférence de l’arrondissement de Tota, a été essentiellement consacrée aux discours et à la présentation des différents partenaires dont entre autres, Pro Dogbo et l’ONG Cosed Bénin de Gilchrist Atchaoué.

L’emploi des jeunes, un enjeu essentiel

Après les différentes allocutions, John Pee Bull, enseignant d’économie expert en entreprenariat ayant fait ses preuves dans plusieurs pays du monde, s’est exprimé sur les opportunités qui s’offrent aux jeunes du Couffo dans le domaine entrepreneurial. L’expert n’a pas manqué de mots pour expliquer aux participants venus de plusieurs communes que l’emploi des jeunes demeure un enjeu essentiel dans de nombreux pays et dans différentes régions où les taux de chômage avoisinent 30%. 

« Si les jeunes se mettent souvent à leur compte parce qu’ils ne trouvent pas d’emploi ailleurs, l’entreprenariat peut leur insuffler des compétences précieuses »

Dans sa présentation, John Pee Bull a fait savoir que dans ce contexte où l’emploi est une denrée rare, l’entreprenariat des jeunes peut jouer un rôle important pour faciliter le développement et la création d’emplois. « Si les jeunes se mettent souvent à leur compte parce qu’ils ne trouvent pas d’emploi ailleurs, l’entreprenariat peut leur insuffler des compétences précieuses telles que les capacités de réflexion critique, de prise de décision, de commandement, de travail d’équipe et d’innovation« , explique John Pee Bull. Les travaux de la deuxième journée se sont déroulés dans l’une des salles de délibération de la mairie de Dogbo. Ici, l’accent a été mis sur le partage d’expérience dans l’écosystème entrepreneurial et la motivation. 

Coach Biram Amouzoun.
Coach Biram Amouzounvi. Crédit photo : Audrey Chede

Le deuxième jour de formation a été animée par le coach Biram Amouzounvi sur les bases fondamentales de l’entrepreneuriat. Il a ensuite laissé place au coach Justino Vieyra qui a informé les participants sur le thème de « l’esprit entrepreneurial ».

L’agriculture et le numérique

La rencontre était organisée autour de deux grandes thématiques : l’une sur l’entreprenariat agricole, l’autre sur les opportunités du numérique, animé par Gloria Tchidime, journaliste et blogueuse. Elle a reçu Médard Clobéchi, journaliste et membre de la communauté Mondoblog de RFI, avec le coach formateur Biram Amounzouvi. En soirée, le maire de la commune d’accueil, Magloire Agossou, est venu avec sa délégation remercier les participants et les organisateurs. 

Magloire Agossou a invité les jeunes à mettre en application les enseignements reçus. Il a aussi invité le cabinet Global services Mianondju Smart à rééditer cette rencontre dont les témoignages ont encouragé les uns et les autres. 

Edem Abdias SOSSOUKPE et Médard CLOBECHI


« Le Clavier des Langues Béninoises », une révolution numérique au service des langues locales

En Afrique, les langues traditionnelles semblent être en train de perdre de valeurs à l’ère du 21e siècle ou le numérique révolutionne le monde. Les claviers d’ordinateurs ou de smartphones n’ont pas été conçus pour les langues africaines. Alors, comment intégrer les données des langues locales africaines dans le quotidien de la nouvelle génération accro de l’internet, d’où l’appellation « génération tête baissée » ? Pour répondre à ce problème, Fabroni Bill Yoclounon, jeune béninois passionné des NTIC a créé le Clavier des Langues Béninoises, un clavier disponible sous la forme d’une application smartphone. Une véritable prouesse dans le monde du numérique permettant aux Béninois d’écrire dans plus de 56 langues locales.

Présentez-vous aux internautes

Je suis Fabroni Bill Yoclounon, je suis le concepteur de IamYourclounon une plateforme qui fait la promotion des langues locales au Bénin, beaucoup plus le Fɔngbé. J’ai choisi de promouvoir nos langues parce qu’on utilise le français comme langue officielle, malgré la richesse de toutes nos langues, nous n’avons pas une langue qui accompagne le français.

Le Fɔngbé est parlé par plus de 3 millions de Béninois, du nord au sud, il y a beaucoup de langues qui gravitent autour de Fɔngbé comme l’Aïzɔ, le Goungbé, le Mina, le Adja et autres. Donc, quand vous comprenez le Fɔngbé c’est plus facile pour vous de comprendre une autre langue. C’est pourquoi je privilégie le Fɔngbé. Je suis dans la dynamique avec mon équipe à amener les dirigeants à se pencher sur la question et vraiment prendre le Fɔngbé comme langue officielle du Bénin en plus du français.

Un entretien à retrouver en sons juste ici ⬆️

D’où est venue l’idée de créer un clavier pour les langues béninoises ?

On constate que nos langues africaines en générales ne sont pas prises en compte dans la création des téléphones portables. Les claviers qu’on voit sur les téléphones portables Android, même sur Apple, il n’y a pas les caractères spéciaux. Par exemple : les lettres ɔ, ɛ, ɛ́, ɔ̀, ā… Et les diacritiques, il n’y en a pas vraiment sur les claviers habituels. Alors, c’est une lacune, car on a envie d’écrire dans nos langues, mais on n’a pas l’alphabet qu’il faut pour écrire, il faut le corriger. C’est pour cela, nous voulons combler cette insuffisance-là. Et on l’a comblé d’ailleurs parce qu’on a lancé le clavier le 15 août 2020. Aujourd’hui, le Clavier des Langues Béninoises est disponible sur Google Play Store.

Le Clavier des Langues Béninoises est un outil au service des langues béninoises !

Peu importe la langue que vous parlez au Bénin, vous pouvez utiliser le Clavier Des Langues Béninoises parce que vous avez tous les accents, tous les caractères spéciaux propres aux alphabets de différentes langues locales parlées au Bénin. Que vous soyez Fɔn, Mina, je ne veux pas tout citer parce qu’il y a plus de 56 langues parlées au Bénin avec leurs dérivées.

Donc, que vous soyez locuteur d’une de ses langues vous pouvez utiliser le clavier et écrire dans vos langues avec les caractères spéciaux qu’il faut. Ce n’est pas seulement un clavier qui sera utilisé uniquement par les Béninois, parce qu’on partage avec plusieurs langues africaines les mêmes caractères spéciaux, les mêmes diacritiques, dont mêmes d’autres africains peuvent utiliser le clavier. C’est un clavier aussi habituel qui peut être utilisé pour écrire en français, anglais, espagnol et dans toutes langues utilisant l’alphabet latin.

Quelles sont les fonctionnalités du Clavier des Langues Béninoises ?

Les fonctionnalités de ce clavier sont multiples. Quand vous faites un appui long sur une lettre, vous aurez des lettres spéciales à nos langues locales, avec tous les accents. Un appui sur la touche entrée vous permet de voir les émojis et les stickers. Il y a aussi un lien qui renvoie vers les stickers en Fɔngbé intégré au clavier.

C’est un clavier très simple d’utilisation qui a un système de saisie prédictive. Quand vous saisissez un mot, ça vous donne le mot suivant, notre clavier aussi à ce système et n’a rien à envier avec les claviers utilisés entre temps. Il y même le système de saisie vocale Google, un micro est intégré au clavier, un appui long vous permettra de parler et il vous sort le texte que vous dictez.

Tout est possible avec le Clavier des Langues Béninoises. C’est un clavier très simple d’utilisation, une fois installé, il vous suffit d’appuyer la touche plus, et l’activer pour l’utiliser facilement. 

Un mot à l’endroit de la jeunesse béninoise ?

Je suis jeune et c’est parce que je constate que notre jeunesse à des difficultés en ce qui concerne le lien avec sa culture, c’est pourquoi je crée. Ma première cible, c’est la jeunesse. Je vais vers la jeunesse qui est plus présente sur les NTIC, les Nouvelles technologies de l’information et de la communication, ou en un mot le numérique. Notre jeunesse est très présente sur Internet et même nos aînés sont aujourd’hui présents sur Internet, et nos jeunes frères qui viendront seront encore plus présents sur internet parce que c’est un outil dont on ne peut plus s’en passer.

Internet aujourd’hui, c’est la quatrième révolution économique au monde ?

Incontestablement c’est une grande révolution ! Il faut apporter des données sur internet dans nos cultures. Le fongbé et les autres langues béninoises ne sont pas vraiment référencées sur internet. Quand vous tapez par exemple Fɔn il y a peu de données sur Internet. Alors, je travaille avec d’autres jeunes. C’est le moment de citer leurs noms, Aude Marcel Codjia, Fulberto Tchiakpe, Ricardo Ahouanvlame qui a créé un Robot fon, Fulberto Gilles Tchiakpe un développeur, Bonaventure Dossou qui a travaillé sur la restitution d’une plateforme de traduction Fɔngbe-français qui sera bientôt disponible sur internet.

On travaille avec tous ces jeunes-là pour vraiment référencer nos langues locales et quand elles seront référencées, c’est tout à fait notre richesse parce que nos langues ne peuvent pas mourir. C’est notre richesse, c’est notre culture et la culture et tout ce qui reste quand on a tout oublié.

Comment arrivez-vous à créer autant de projets dans le domaine numérique ?

C’est d’abord une question de volonté et quand on voit ce que proposent les autres pays, on constate que nous sommes gravement en retard. Alors, il faut vraiment quelqu’un pour mettre les pendules à l’heure. Je ne voudrais pas dire je fais tout, ce que je fais, c’est très peu et il reste encore beaucoup de projets. Et, le prochain projet, c’est de travailler sur le dictionnaire Français-fon et Fon-français qui sera disponible en application. Nous sommes déjà au travail. Il y a beaucoup de choses à faire.


Bénin : Hwlenmi, l’application mobile pour sauver des vies sur nos routes

Une application mobile pour sauver des victimes d’accidents sur les routes va être développée bientôt au Bénin. L’initiateur Kmal Radji, activiste et slameur, m’a reçu dans les locaux de son centre (BAMBOO NUMERIK). Sans ambages, nous nous sommes entretenus sur le projet de création de l’application.


L’application HWLENMI et ses fonctionnalités

HWLENMI est en langue locale fongbé et signifie en français SAUVE-MOI. Comme le nom l’indique, l’application HWLENMI contribuera à la sécurité routière. Le projet est dans sa phase de réalisation. L’atelier de validation a été effectué le 17 juillet 2020 avec toutes les parties prenantes notamment les sapeurs-pompiers et plusieurs autres structures. Ainsi, les fonctionnalités et interfaces à divers niveaux de HWLENMI ont été présentées aux participants. À en croire, l’activiste et slameur Kmal Radji, le but principal de cette application est de permettre à n’importe qui d’envoyer un signal géolocalisé des lieux d’accidents, d’incendies, ou toute situation d’urgence aux SAMU, aux sapeurs-pompiers. HWLENMI disposera d’une variation de spécifications fonctionnelles permettant à ses utilisateurs d’optimiser les délais d’intervention des sapeurs-pompiers en cas d’accident de la route.

L’atelier de validation avec les participants
  • Envoyer un signal d’alerte après un accident
  • Prendre et envoyer des photos justificatives de l’accident
  • Géolocaliser le lieu de l’accident
  • Prendre et envoyer des photos justificatives de l’accident
  • Définir un périmètre de blocage de tout autre envoie de signal après la prise en compte du premier signal envoyé par un utilisateur
  • Classer, afficher les acteurs les plus proches en fonction du lieu de l’accident et préciser l’estimation du temps à mettre pour être sur les lieux
  • Renseigner son dossier médical
  • Liste des actions (Appel à don, participation à une activité, informations)

L’idée du projet est née d’une triste mésaventure routière

Kmal Radji, d’où est partie l’idée de la création d’une application mobile pour sauver les victimes d’accidents sur nos routes ? Cette question semble renvoyer mon interlocuteur dans un état nostalgique et perplexe.  

Crédit Photo: kmal Radji

 « Le mercredi 1er juillet 2020 aux environs de 20 h, je marchais sur un tronçon au quartier fidjrossè de Cotonou. J’ai vu une voiture à vive allure qui a cogné un jeune et sa grande sœur alors qu’ils essayaient de traverser la route ». La scène se produisait en face de moi précise le narrateur avant de faire savoir que la sœur s’est réveillée le corps saignant, les larmes aux yeux, croyant que son frère est mort. Face à cette scène émouvante, Kmal a essayé plusieurs fois d’appeler le 118, numéro du secours en vain. « Je n’avais pas ma voiture pour les ramener à l’hôpital. Des voitures passaient, personne ne s’arrêtait. Les gens s’attroupaient, mais personne ne savait même quel geste prendre ». Le jeune panafricaniste s’est rendu à la maison le cœur meurtri et fait le témoignage sur sa page Facebook https://www.facebook.com/kmalradji. Le lendemain Kmal annonce la création d’une appli capable d’envoyer d’alerter aux sapeurs-pompiers, et d’autres structures afin d’avoir le signal des accidents et sauver.

Une cagnotte participative pour HWLENMI

Une fois que l’initiative a été publiée sur sa page facebook, Kmal Radji a lancé des appels à contribution afin de réunir des ressources financières pour la réalisation du projet. « Il serait bon de mettre la main dans la poche et de participer à hauteur de 100 f » explique l’acteur de développement. Ainsi, 1.000.000 de franc CFA a été récolté et l’appel à participation est ouvert à l’international. Pour, contribuer aux dons rendez-vous sur Paypal, grâce à la carte visa, MasterCard à partir de ce lien : https://paypal.me/pools/c/8rgkXlFPjY

Accidents de la route au Bénin, les chiffrent donnent l’émoi

Au Bénin, l’imprudence et surtout l’excès de vitesse des conducteurs sont à l’origine de plusieurs accidents. Selon le rapport publié par le Centre national des accidents routières (CNSR), 700 morts ont été enregistré par an, à raison de 2 morts par jour entre 2015-2016 Les couches d’âge comprises entre 15 et 25 ans sont les plus victimes dans les villes, et constituent 50 % de morts des accidents (vigilance aux jeunes ZEWE MASTER). L’application HWLENMI sera donc un outil numérique au service de la sécurité routière pour le bonheur des Béninois.


Covid-19, une arme de guerre dans les foyers conjugaux

L’arrivée de la pandémie de Covid-19, et les restrictions de mouvements entraînent une hausse alarmante des violences domestiques dans le monde. Dans ce billet, vous lirez le témoignage émouvant de Mme Béatrice, une victime des violences psychologiques et physiques dans son foyer conjugal sous les coups de son mari dès l’arrivée de la Covid-19.


Le Témoignage de Dame Béatrice

Un mercredi dans l’après-midi, j’ai rencontré par mégarde dans mon quartier de vieille souche « Cocotomey » une ancienne collègue. Au cours de nos discussions, Béatrice me faisait comprendre qu’elle n’est plus avec son mari à cause des violences qu’elle subisse

« Si on m’avait dit qu’il allait être violent, je n’y aurais jamais cru. Il m’a manipulé pendant plusieurs années. Je ne m’en rendais pas compte, c’était l’homme de ma vie. Il a été présent pour moi, lorsque je me sentais un peu seule et que j’avais des soucis, il est tout simplement mon modèle et je l’adorais. 

Tout a commencé lorsque la circulation des transports en commun a été suspendue à cause du cordon sanitaire dans le cadre de la riposte contre la Covid-19. Son comportement a changé peu à peu. Il me parlait mal et me contredisait tout le temps. Il était violent. De jours en jours, il était de plus en plus exécrable. Il ne me supportait plus. J’étais son fardeau. Et puis il s’excusait et disait vouloir une seconde chance… Il était dans l’ambiguïté. C’était incompréhensible. 

Un jour, comme d’habitude, j’ai réclamé de l’argent pour la cuisine du ménage et il m’a renvoyé chez mes parents. Cela m’a énervé, on s’est disputé et les insultes ont fusé. Il m’a bousculée et je suis tombée sur la banquette. Mais ma tête a rebondi contre le sol. J’ai eu mal à la nuque pendant plus de deux semaines. Plus tard, il m’a également attrapé par le bras pour me jeter dehors en pleine nuit avant de me récupérer. Il l’a fait trois fois en l’espace des deux semaines. Puis,  j’ai découvert qu’il me trompait et qu’il n’avait plus la possibilité d’aller chez sa maîtresse, donc ça l’énervait. Je suis devenu son esclave dans la chambre. Les insultes, les gifles, les injures… J’encaissais. 

Je n’ai pas déposé de plainte. Je me disais que ça sera la honte pour le notre couple. Aussi, personne ne me croirait, et même si j’allais à la police, que pourrais-je leur dire ? C’est tout de même le papa de mes enfants. 

Je mourais en silence lorsqu’un jour, j’ai fais mes colis et je suis partie chez ma petite sœur qui m’a hébergée. Je l’ai prévenue par SMS. J’ai préféré ne pas lui dire en face de peur qu’il recommence.

Cet homme a tout fait pour dire que c’était de ma faute si on se séparait. Sa violence psychologique m’a beaucoup marquée. J’ai du mal à m’en remettre. »

Unsplash License

En réalité, la Covid-19 bouleverse depuis l’ordre des choses chez les êtres humains. Les activités économiques tournent au ralentir. Cet état de choses a mis tout le monde sous pression. Ce qui impacte négativement les foyers conjugaux, car la colère, liée à l’angoisse déclenchée par cette maladie  est souvent déversée sur son ou sa partenaire. C’est le cas du mari de dame Béatrice. La morosité économique liée à la situation sanitaire, est souvent source dépression, d’anxiété, de lassitude et de stress post-traumatique chez les hommes. Ce qui parfois à la base des disputes dans les couples.

Les mécanismes de lutte contre les violences domestiques au Bénin

Les violences faites aux femmes constituent un problème crucial de développement qui affecte la femme jusque dans sa dignité.

En effet, en janvier 2012, une étude commanditée par le Ministère de la Famille des Affaires Sociales, de la Solidarité Nationale, des Handicapés et des Personnes de Troisième Âge sur les violences faites aux femmes au plan national a révélé que sur environ 52% de la population que constituent les femmes, 69% ont déclaré avoir subi des violences au moins une fois dans leur vie.

Alors que faire ? Au regard de cette prévalence et de réticences des auteurs de violences sur les femmes, le Gouvernement a promulgué la Loi n° 2011-26 du 9 janvier 2012, portant prévention et répression des violences faites aux femmes. Cette loi constitue un mécanisme à la fois de combat et de développement de la femme, une avancée notable dans la protection juridique de la femme béninoise et une meilleure valorisation du principe de l’égalité des sexes.

Les dispositions pénales relatives à la violence conjugale se lisent comme suit:

Les dispositions pénales avec les articles 32 et 33 du même code punies les violences psychologiques à l’égard de la femme. « Article 32 : Les violences psychologiques comme définies à l’article 3 de la présente loi sont punies d’une amende pouvant aller à un million de francs. »

Par ailleurs, il est écrit dans la Constitution de la République du Bénin que « l’homme et la femme sont égaux en droits. L’État protège la famille et particulièrement la mère et l’enfant » (Bénin 1990, art. 26).

Les femmes sont protégées à l’égard des violences domestiques. Ainsi, celles-ci, doivent sortir de leur silence et dénoncer les auteurs des violences à leur égard. C’est ce qu’aurait pu faire Mme Béatrice. Le Bénin dispose un réseau de centres de promotion sociale (CPS), localisés dans les 12 départements du pays. Les CSP sont chargés entre autres, d’offrir du soutien aux femmes victimes de violences. Elles peuvent s’adresser également à plusieurs structures comme l’Association béninoise pour le marketing social et la communication pour la santé  (ABMS)et l’Association des femmes juristes du Bénin (AFJB) etc.

Sans doute, en moment de doute ou de recherche d’un partenaire à qui se confier en toute confiance, les victimes et les témoins peuvent contacter le service d’aide Houéfa.
Pour rappel, Houéfa est un service d’écoute et de soutien en ligne destiné à orienter les personnes victimes de violences physiques, d’abus sexuel, d’abus psychologique. Ce centre en ligne offre des services totalement gratuits et met l’humain au centre de ses actions. Au besoin, il vous met en contact avec les institutions les plus adéquates pour vous soutenir. N’hésitez pas alors, à vous rendre sur https://arayaa.com/ pour avoir plus d’informations.

L’avènement de la Covid-19 crée des tensions entres les hommes et les femmes. Une situation qui dégrade les couples compte tenu des violences qui s’y invitent. Que vont devenir les enfants si les femmes quittent le foyer conjugal sous le coup des violences ? Cette question mérite d’être posée. Alors, il important que chacun dans le couple contrôle ses impulsions avant de bien vouloir agir.


Ligue des débatteurs féminins du Bénin : la parole comme outil d’engagement social

La 2e édition de la grande finale du concours d’éloquence Ligue des débatteurs féminins du Bénin s’est déroulée ce samedi 15 août 2020 à l’école International student services ISS à Akpakpa. L’initiative organisée par la structure ILE SACRÉE vient renforcer les capacités de la gente féminine en art oratoire afin de se défendre face aux thématiques du siècle.

L’intelligence des mots, la parole étaient à l’honneur dans les locaux de l’école International student services auréolée d’un public charmant dans la soirée de ce samedi 15 août 2020. Au premier tableau, intitulé « Discours de l’année », quatre (04) demi-finalistes ont fait appel à l’esprit des mots, pour plancher sur l’assertion de l’écrivain Ousmane Sembène qui relève de la place et le rôle de la femme dans la société. « Le rôle du chef de famille est lourd, trop lourd pour une femme » tirée de l’œuvre : « Les bouts de bois de Dieu.

Au deuxième tableau “GREAT DEBATERS”, on compte six (06) finalistes venues de divers horizons à raison de deux filles par département du Borgou, littoral, et atlantique répartir en deux équipes A et B qui se sont affrontés pendant une quarantaine minute sur le thème : “la limitation du mandat présidentiel, une panacée aux tensions politiques en Afrique ?”.

Un thème d’actualité quand on analyse la situation sociopolitique qui prévaut en Côte-d’Ivoire, au Mali, etc. Au bout de 3 minutes chacune, les lauréates dans leurs différentes positions (pour ou contre) ont défendu bec et ongles les thèmes avec à l’appui des techniques de persuasion, d’argument, et d’illustration.

Mais que retenir des thèmes ?

« le rôle du chef de famille n’est pas du tout lourd pour une femme étant donné qu’aujourd’hui les femmes sont capables de travailler, d’investir économiquement dans le foyer, de prendre des initiatives, de prendre soin des enfants malgré leur travail qu’elles exercent. Alors, pourquoi elles ne seraient pas capables de bien jouer le rôle du chef de famille ? » Explique la lauréate Déguénon Paula.

Et, à Oukpedjo Aïchatou étudiante en informatique et logiciel dans le Borgou de faire savoir que la limitation du mandat présidentiel n’est pas une panacée, ou solution miracle aux tensions politiques en Afrique puisque la non-limitation du mandat présidentiel ne constitue pas l’unique cause des tensions politiques. On en déduire des idées que le rôle du chef de famille revient à l’homme, mais elle peut-être être assumé par une femme. De la même façon, l’alternative politique n’est pas forcément la solution miracle, elle pourrait être la solution, mais elle n’est pas une solution miracle.

Au terme du challenge, le jury a discerné le prix du « Discours de l’année » à Déguénon Paula avec une moyenne de 79,66/100 ; au niveau du débat d’éloquence l’équipe B surnommé TASSI-HANGBÉ s’est est sortie victorieuse avec une moyenne de 42,45/50 et le trophée meilleur éloquence est revenu à Monsaya Esther étudiante à la Faculté des sciences agronomiques FSA.

L’engagement féminin est important

À en croire Ariane ETEKA directrice d’ILE SACCRÉ, initiatrice du concours, la LDFB assure le renforcement des capacités des jeunes filles en en oratoire, car, naturellement la femme n’aime pas aller au-devant de la Scène. L’objectif du concours est donc de permettre aux femmes de s’affirmer. Sans doute, elle invite ses sœurs à s’engager dans la vie sociale afin de faire preuve de leadership féminin.


Religion : Nécessité pour tout croyant d’être indépendant du péché

Les béninois tous confondus célèbrent l’indépendance le 1er Août.  Parallèlement à son caractère physique, l’indépendance a tout de même un caractère spirituel. La vie chrétienne devrait être menée en toute indépendance du péché. C’est ce seul moyen qui garantit pour l’homme, une parfaite harmonie entre Dieu et lui. Dans l’interview suivante, le pasteur Ghislain Yamongbe Guézo expose les origines du péché faisant mention du bonheur dont peut bénéficier, quelqu’un qui ne pratique pas le mal.

 Qu’est-ce que le péché Pasteur?


Pasteur  Ghislain Yamongbe Guézo : Dans les Saintes Écritures, le péché de façon générale, c’est la transgression de la loi. Et peut-être pour donner des synonymes, on pourrait dire que le péché, c’est le mal, c’est la faute, c’est l’impureté, c’est la révolte, c’est la corruption, c’est l’esclavage aux passions de la chair. Pour tous ces synonymes que je viens de citer, il y a des références bibliques pour nous montrer donc que le péché, c’est tout ce qui nous amène à désobéir à Dieu, à ne pas rester dans le plan qu’il a pour nous. Le Psaumes 32 verset 1 dit : « heureux celui dont la transgression est enlevée, dont le péché est pardonné ». Ça veut dire que le péché est une transgression de la loi de Dieu. 

D’accord Pasteur, et quelles en sont les conséquences tant du point de vue physique que spirituel ?


Les conséquences du péché du point de vue physique, c’est que le péché rend vilain. Si vous vivez dans le péché, vous verrez que vous serez uniquement aimé que par des gens qui pratiquent le même péché que vous. Mais vous ne serez pas apprécié, sociable avec des gens qui sont dans le standard de Dieu. Je donne un exemple. Lorsque quelqu’un essaie de vivre en mentant tout le temps, il n’aura pour amis que des menteurs. Parce que celui qui veut demeurer dans la vérité, ne pourra accepter la compagnie des menteurs professionnels.

Donc au fond, le péché nous rend vilain. Le péché amène aussi à la mort physique. Parce que quelqu’un qui a décidé de vivre dans une certaine transgression de la loi, voler par exemple, peut exposer sa vie. Au cours d’un vol, il peut être attrapé. Ce n’est pas que nous apprécions la vindicte populaire. Mais il arrive que de simples voleurs de poulets sont exposés à la vindicte populaire. Donc, le péché a de graves conséquences physiques.

Ça vous dénature, ça vous met constamment dans des maladies psychologiques, vous avez l’impression que des choses se baladent dans votre corps, vous avez des troubles psychologiques, vous avez peur tout le temps, vous sentez un rejet, alors qu’il fallait juste abandonner le péché. Pour le côté spirituel, la conséquence majeure, c’est que le péché nous sépare de Dieu. Le péché rompt toute relation formelle avec Dieu. Il dit:  » mes oreilles ne sont pas dures pour vous entendre, ni ma main trop courte pour vous toucher« .

Mais Pasteur, nous sommes dans un monde corrompu, un monde où tout va mal, est-ce que vous  pensez qu’on peut vivre sur terre sans pouvoir  pécher ?


D’abord, ça renvoie à l’origine du péché. Le péché pour nous les Hommes provient de quand les premiers Hommes ont péché. Pour ça nous sommes dans le premier livre de la Bible, on appelle ça le péché originel. Et de facto, l’humanité entière a hérité de cet état de péché. Plusieurs passages de la Bible le soulignent. Romains chapitre 5, verset 12 à 15; 1 Corinthiens 15. Ces textes là nous montrent que quand nous sommes sur cette terre, nous allons pécher. Nous allons faire de notre pensée ou de notre habitude générale des choses qui ne vont pas glorifier Dieu. En ce moment, oui. Nous péchons. Mais la différence est comment chacun gère sa vie vis-à-vis du péché. 

En attendant d’en arriver là,  Pasteur Yamongbe,  comment peut-on obtenir son indépendance vis-à-vis du péché ?


Ah! Là, c’est une belle question qu’il faut avec le temps que nous vivons au Bénin, nous sommes à la veille de notre indépendance, il faut vraiment penser à l’indépendance vis-à-vis du péché. Nous pouvons être indépendants vis-à-vis du péché. Le texte de 1 Corinthiens 15 que je viens de mentionner, nous montre même un parallèle percutant par rapport à Adam qui a péché et par qui tous les Hommes ont péché. Mais par rapport à Christ aussi qui est venu pour nous libérer, ceux qui se confient en Christ peuvent être réellement libérés.

Pour l’indépendance de l’homme vis-à-vis du péché, je pense que la première chose, c’est déjà de reconnaître qu’on est pécheur, d’accepter que nous avons hérité du péché et de reconnaître que dans notre manière de vivre de tous les jours, nous avons quelque chose qui ne va pas par rapport à la parole de Dieu. Deuxièmement, il s’agit de croire au sacrifice que Jésus a fait sur la croix pour nous. Je le dis sous deux points. Je le dis sous le point de quelqu’un qui n’a pas encore donné sa vie à Jésus.

Par exemple, si quelqu’un n’a pas encore donné sa vie à Jésus, il doit prendre engagement maintenant de dire: «  je reconnais que je suis héritier du péché, mais Jésus est celui qui libère du péché ». Et même pour quelqu’un qui a déjà donné sa vie à Jésus, il doit reconnaître que lorsqu’il se rapproche de la parole de Dieu, elle est une lumière qui expose les cadavres qu’il a dans son placard. Et, il va se décider à sortir les cadavres du placard.

Cadavres dans le placard Pasteur,  c’est-à-dire?


C’est une expression qui désigne les choses que nous cachons, que personne ne voit. Quand quelqu’un a un cadavre dans le placard, ça ne sent pas. Ce n’est pas parce que ça ne sent pas qu’on ne peut pas savoir que le cadavre n’est pas là. La parole de Dieu est la lumière qui expose les cadavres que nous avons dans nos placards. Et nous devons donc maintenant,  prendre l’engagement à la lumière de cette parole, de chercher la grâce de la miséricorde de Dieu. Automatiquement, son esprit est là pour nous libérer du péché.

J’aimerais faire ici un point à souligner pour ceux qui sont vraiment liés par le péché. On appelle juste ceux-là des gens qui vivent dans une certaine dépendance du péché. Par rapport à ça, c’est des gens demandant vis-à-vis de certains produits, alcool et tout, ou vis-à-vis du sexe, de la masturbation, de la pornographie. Pourtant, ils sont dans le Seigneur.

Oui, il y tout un processus là et un accompagnement a trouvé auprès de quelqu’un qui est spirituellement plus mature que vous. C’est cela qui peut conduire à la libération de ce péché. Sinon, de façon normale, vous vous confier au Seigneur, demander le pardon de nos péché, vous croyez que sa grâce est disponible. 2 Corinthiens 3 : 17 dit que là où est l’Esprit du Seigneur, là est l’indépendance. 

Maintenant que je suis pardonné, qu’est-ce que cela me procure, que procure une vie sans péché ?


Dieu nous acquitte, c’est la première chose. L’acquittement est fait juste pour dire que nous sommes déclaré non coupables. Déjà, nous avons une telle liberté dans notre cœur, une joie de vivre. On vit la vie éternelle qui commence maintenant et qui nous attend. Donc, on n’est plus dans la crainte de  »si je mourais, qu’est-ce qui va arriver »? Plusieurs religions disent à leurs adeptes que Dieu les pardonne. Mais, ces religions ne peuvent pas leur garantir qu’après leur mort, Dieu va les recevoir.

Ces religions leurs disent plutôt que c’est à Dieu de décider. Non, lorsque nous sommes vraiment pardonnés, nous avons l’assurance que nous sommes vraiment pour Dieu.  Pour toujours, c’est à nous de compter sur sa grâce et marcher. Deuxièmement, ça nous donne une vie qui transforme la vie des autres. Quelqu’un qui est vraiment pardonné et qui vit la vie nouvelle de Christ ne va jamais garder ça pour lui. Il va vouloir partager.

Il va vouloir annoncer. Il va vouloir impacter et permettre que par lui, le Saint-Esprit puisse toucher d’autres personnes. Troisièmement, on reçoit les bénédictions de Dieu. Le texte de Deutéronome 28 nous montre que lorsque quelqu’un est avec la gloire de Dieu, il ne transgresse pas la loi de Dieu. Il y a une bénédiction incroyable.

Pasteur de façon claire, dites-nous, est-ce qu’un pasteur pèche?


Oui, bien sûr. Bien sûr qu’un pasteur pèche parce que si nous retournons au début de notre entretien, si la parole de Dieu n’a pas imposé un placard, il va chérir ce cadavre. Maintenant si c’est exposé, il décidera tout simplement de le délaisser. On ne l’appellera plus en ce moment un pasteur qui pèche. Maintenant, qui sait le nombre de cadavres que chacun a dans son placard ? Frère  Abdias, là est vraiment la question.


Propos recueillis par Edem Abdias SOSSOUKPE 


Lutte contre la COVID-19 au Bénin, la CROIX- ROUGE forme les hommes des médias

La   Croix-Rouge du Bénin a organisé au profit des journalistes une formation allant dans le sens du renforcement et de l’approfondissement de leurs connaissances sur la pandémie mondiale. La dernière phase de cette activité qui a outillé plus de cent journalistes de plusieurs médias du Bénin s’est tenue ce samedi 18 juillet au Codiam de Cotonou. 

Formation des journalistes contre la Covid-19 – Médard Clobechi

Depuis sa création en 1863, la Croix-Rouge est restée jusqu’à ce jour fidèle à sa mission. Laquelle mission trouve sa valeur dans la prévention et l’apaisement de toutes les souffrances humaines en toute impartialité, sans discrimination notamment de nationalité, de race, de sexe, de classe, de langue, de religion ou d’opinion politique. Cette formation de 120 journalistes illustre parfaitement la constance de la Croix-Rouge béninoise sur le principe de l’élimination des souffrances de la race humaine. Plusieurs modules ont été développés. Il s’agit entre autres du rôle de la Croix-Rouge béninoise dans la riposte à la covid-19; des généralités sur la pandémie et le rôle du journaliste pendant la crise sanitaire. Pour le chargé de communication de la Croix-Rouge béninoise, la mission du journaliste est essentielle pendant la pandémie parce que c’est lui qui permet aux populations de se tenir informer de l’évolution de la situation exceptionnelle.<< En pleine crise sanitaire, il est difficile pour le journaliste d’exercer ses activités >>, reconnait Jules Affodji avant de faire savoir que le journaliste doit cependant tout mettre en oeuvre pour transmettre l’information la plus exacte possible aux populations. 

Formation des journalistes contre la Covid-19 – Médard Clobechi

Éviter les titres sensationnels…
Dans la plupart des parutions, mentionne le chargé de communication, on fait le constat que la peur a tenu une place prépondérante dans la couverture du virus. Pour lui, plusieurs publications ont évoqué le terme << peur >> ou des mots apparentés. Ces articles font également souvent usage d’un vocabulaire anxiogène en utilisant l’expression << virus tueur >>.  Face à l’urgence du temps, il est de bon ton  que les journalistes réorientent leurs écrits afin de sensibiliser sur les gestes barrières que de constituer de potentiels vendeurs de psychose. 

Ce qu’il faut faire…La Croix-Rouge béninoise lors de la formation a démontré aux professionnels des médias la nécessité d’utiliser moins d’adjectifs subjectifs dans les reportages. Pendant que la Croix-Rouge béninoise souhaite que les titres sensationnalistes soient évités dans les productions, elle demande aussi aux participants d’être créatif dans les articles et d’expliquer les actions préventives , cela pour le chargé de communication  va rendre les articles moins effrayants. 
<< N’oubliez pas que les analyses statistiques sont moins effrayantes que les récits individuels >>, conclue Jules Affodji, chargé de communication de la  Croix-Rouge du Bénin.

Edem Abdias SOSSOUKPE & Médard CLOBECHI 


COVID-19 au Bénin : Le témoignage poignant d’une patiente guérie au Centre de santé d’Allada

Ebene Yolande est restée environs 20 jours sous le coup de la mort au centre de santé d’Allada. Guérie de la COVID-19, elle décide d’en parler à ceux qui n’y croient pas à l’existence du mal. À travers un post sur sa page facebook intitulé : << MES 20 JOURS DE COMBAT… >>, tel un personnage malheureux au centre d’un ouvrage dramatique, elle livre la scène d’une mère et ses enfants atteints et guéris  du Coronavirus malgré eux. Un témoignage très poignant!

Portail de l’hôpital de zone d’Allada

L’intégralité du témoigne de Mme Ebene Yolande

MES 20 JOURS DE COMBAT…Oui, c’est ainsi que j’appelle mon vécu de ces derniers jours.J’ai commencé une petite toux il y a deux semaines… j’ai pris mon citron gingembre et miel. Je n’étais pas inquiète car j’ai l’habitude de me traiter ainsi… 1 jour, 2 jour, 3 jours… ma toux devenait de plus en plus violente… mon infusion magique de tous les temps n’a pas aidé , une forte fièvre s’y ajouta… la nuit du….. je n’ai pas fermé l’œil… fièvre 40 degrés. Je prends du paracétamol, la fièvre ne baisse pas, je me sens faible, je transpire, je suis fatiguée… Il était 2h du matin, le décalage horaire aidant, j’appelle ma maman…il était 22h chez elle au canada… ouf elle a décroché, toute fébrile et à peine audible, je dis: maman, je ne me sens pas bien, j’ai une forte fièvre qui ne diminue pas malgré les médicaments. 


Maman: Tu dois aller faire le test du covid-19 demain à la première heure…Moi: maman, ne panique pas. Je ne peux pas avoir la covid-19. Je porte toujours mon masque en sortant et je respecte les mesures barrières, en plus j’ai pris de l’artémesia il y a 1 mois…


Maman d’un ton autoritaire: demain matin ton frère va t’emmener à l’hôpital faire le test car même en respectant les mesures tu ne sais pas si ceux qui sont dans la même maison que toi font pareil. Ma fille, tu dois faire le test.Ce ton sans réplique de ma « Margaret tacher » (ce surnom que nous lui avons donné depuis notre tendre enfance) m’a   contrainte à me rendre à l’hôpital le lendemain matin. Premier test rapide: négatif.


Deuxième test: POSITIF. Le verdict était sans appel… la fièvre et la fatigue persistaient… panique… les médecins sont contactés. 30 mn après l’ambulance était à ma porte… panique, je n’ai rien prévu à la maison pour les enfants. Je n’ai pas eu le temps d’aller retirer les sous à la banque… je n’ai eu le temps de penser à rien…, j’étais déjà dans l’ambulance sur le chemin d’Allada… Peur… toutes les scènes horribles de ces derniers mois de coronavirus en Occident me vinrent à l’esprit… j’appelle ma soeur… » je vais mourir Grey, j’en peux plus…(pleure)…prends soins de mes enfants si jamais quelque chose m’arrivait »


Ma soeur: Tu n’auras rien…tu rentreras chez toi. Tu dois rester forte pour combattre la maladie »…  J’arrive à Allada le……à…..Oh Putain! Les tenues des médecins et autres… cette combinaison… j’en pouvais plus… je suis bel et bien malade… 
De nouveaux prélèvements… ensuite une psychologue pour m’apaiser…des mots d’encouragement… je me sentais de plus en plus faible… mais apaisée car ils m’ont dit que je vais guérir…Allongée sur mon lit, je regardais par la fenêtre…il n’y a rien à voir… il y a un autre mur… Ce sera mon univers pour 14 jours!Je dois vivre ici pendant 14 jours…les médecins ont confirmé Je pensais à mes enfants… loin d’eux pendant 14 jours…Allongée sur mon petit lit… mes larmes coulaient tout doucement… je priais… la peur de mourir… elle est inexplicable…


Première nuit, deuxième nuit, troisième nuit, fièvre de 40 degrés avec toux violente… entre deux toux, je regardais souvent  vers ma voisine… oui, nous étions deux dans ma chambre… ma voisine  de chambre était aussi souffrante que moi de ce méchant Coronavirus… Nos regards étaient souvent plein d’espoir… nos silences étaient sources d’incertitudes… Allons nous nous en sortir? Nous étions unies temporairement par le même combat. Le combat pour la vie…

 
Quatrième jour, je voyais flou… ma vision a pris un coup… les médecins m’ont rassurée. Les effets secondaires de mon traitement : chloroquine + azithromycine+ zinc…Cinquième jour, les aliments n’avaient toujours aucun goût sur ma langue… Chaque jour le personnel soignant et assistant nous apportait 3 litres d’eau à boire complètement avant le jour suivant. Je devais prendre mes médicaments devant eux…Ils étaient attentionnés…


Sixième jour: ma voisine fait une crise vers 23h… panique pleurs… les médecins l’ont emmené aux urgences… Je me retrouvai seule… va-t-Elle s’en sortir? J’avais peur… ma sœur m’a gardée compagnie au téléphone toute la nuit…Oui ma petite sœur, quelle adorable personne!!! Merci infiniment Grey d’être qui tu es…

Agent de santé


Après 8 jours de traitement, je commence à retrouver le goût et ma vision était redevenue claire… ces petits signes m’ont donné espoir, un grand espoir… Puis quelques jours après, le premier test… Négatif
14ieme jour: Deuxième test Négatif…Je me sens légère… Je tombe sur mes genoux  et je dis « DIEU MERCI »…Oui DIEU MERCI car il y en a qui ne sont pas repartis sur leurs deux pieds de ce centre… Quelle grâce de retrouver ma santé… Tout est grâce…Mon petit frère vient me chercher pour retourner à la maison… Mes enfants aussi étaient sous traitement et isolés… Mes deux amours souffraient de mon absence et de ce mal terrible… Ils étaient des porteurs sains…Enfin je passerai ma première nuit à la maison…

Quelle joie!Seulement elle était de courte durée.Vers 23h, mon petit neveu vient me réveiller brutalement… mon petit garçon a fait une crise… Panique… Cris… il ne répondait pas à nos appels… il partait… je le secoue, je verse de l’eau sur lui… rien… je réveille mon frère… mon guerrier des 14 derniers jours… nous démarrons en trombe pour l’hôpital… J’avais oublié de mettre mon pagne dans la panique… c’est mon voisin qui m’a dit de me couvrir en me donnant mes habits récupérés à la va vite… La solidarité!! Une belle valeur que nous avons….Nous arrivons à l’hôpital… mon fils a été placé sous respirateur…Moi qui venait à peine de retrouver une petite joie de vivre… me voilà replongée dans une anxiété terrible…20 jours d’émotions… je manque de mots…


Aujourd’hui je peux écrire pour exprimer ma profonde gratitude à tous ceux et celles qui m’ont entourée et soutenue. A ma maman et à mes frères et soeurs, je dis merci… Merci au père de mes enfants qui m’a soutenue tout le long de cette période difficile…Aujourd’hui nous sommes tous guéris…et nous sommes tous rentrés à la maison…Protégez-vous, protégez vos familles. Respectez les gestes barrières…Je vous en supplie. Le coronavirus sévit et tue.
Prenez soins de vous et que les bénédictions soient !Merci infiniment au personnel soignant du centre de traitement d’allada! Vous êtes magnifiques!


Covid-19 : Au Bénin, « certains pensent que la maladie n’existe pas ou qu’elle est déjà partie »

Le coronavirus prend du terrain au Bénin. Le pays a franchi la barre des 1000 cas à la date du mercredi 24 juin avec 1017 cas confirmés, 715 personnes sous traitement, 288 personnes guéries et 14 décès. Pourquoi une telle flambée des cas de contamination ?


La flambée des cas de Covid-19 inquiète les esprits béninois. Depuis les élections communales et municipales, et la réouverture des lieux de culte (paroisses et mosquées) avec la reprise du transport commun, les cas de contamination augmentent et plongent le gouvernement et population dans une psychose de peur. Il est arrivé, où on a compté 200 cas et 9 décès en deux semaines seulement.

Des chiffres qui étonnent l’opinion publique.

À la date du mercredi 24 juin, 115 nouveaux cas de plus que la veille ont entrainé 1017 cas confirmés et 14 décès au total ce qui amène le pays à franchir la barre des 1000 cas. Quatre jours après, le pays enregistre 25 nouveaux cas confirmés en 24 heures et  02 décès qui porte le nombre total de cas confirmé à 1149. Mais, quelles sont les réels causes de la flambée des cas de contamination ? Le docteur Urbain Ahouayito, médecin dans un centre de santé communal, nous en parle à travers cette interview.

Photo (Dr Urbain Ahouayito)

Le Bénin a franchi la barre des 1000 cas a annoncé le gouvernement ce jeudi 25 juin. Quelles sont vos impressions sur cette flambée des cas de contamination qui inquiète plus d’un ? 

Personnellement ça ne m’a pas surpris et ça ne m’effraie non plus. Puisque nous avons le premier cas et que nous sommes passés à l’infection dans la communauté c’est normale ou évident que les chiffres grandissent, il n’y a pas à s’inquiéter à cela. Ce qui est peut-être inquiétant, c’est le faite que les cas graves augmentent, ce qui est  prévisible du moment où le nombre de cas d’infection dans la société augmente parce qu’il y a beaucoup de personnes qui portent des tas, des maladies chroniques. Des vieux qui sont plus touchés, il y a quoi que cela soit ainsi.

Quelles peuvent être les réelles causes de la flambée des chiffres du Covid-19 depuis peu de temps ? 

La flambée est dû au faite que certains pensent que la maladie n’existe pas ou qu’elle est déjà partie et n’obéissent plus aux mesures de prévention prescrites par le gouvernement. Il n’est pas rare de voir des gens circuler sans leur masque ou ils portent le masque et c’est quand ils veulent parler qu’ils le  descendent au niveau du menton avant de parler.

Certains le mettent carrément au niveau du menton et c’est quand ils sont proches d’un feu tricolore ou il y a les policiers, ils font semblant de mettre ça bien au niveau de la bouche et du nez et quand ils dépassent les policiers, ils l’enlèvent encore. Parallèlement à cela, il y a aussi les regroupements. C’est vrai que les regroupements sont interdis mais il y a de petites fêtes qui s’organisent même si on arrive pas réellement a les maîtriser, ou les contrôler. Donc, la promiscuité des populations peut aussi expliquer cette flambée de contamination qu’on constate.

Faut-il revenir au confinement, à la fermeture des bars, des lieux de culte et autres ?

Je pense que là n’est pas la solution. À partir du moment où l’État a mis les tests de dépistage à la disposition de tous les centres de santé, et presque tous les cliniques privés, et les pharmacies pour que celui qui présent les signes de Covid-19 puisse se rendre dans ces lieux pour le dépistage et s’il est positif on le met sous traitement. Je pense que c’est déjà un grand pas, c’est énorme et ce n’est pas la peine de retourner encore dans le confinement.

Non seulement que ce retour aura un impact économique, mais on ne sait pas quand la pandémie va disparaître. Donc un confinement, oui mais jusqu’à quand ? Ce n’est pas la peine de revenir en arrière. On a déjà commencé par apprendre à vivre avec la maladie et c’est un bon pas. Ce qu’il y a à faire, c’est de continuer la sensibilisation dans le pays par les agents de santé et aussi les agents de la police républicaine ce qu’ils font déjà.

Maintenant, on doit intensifier cette sensibilisation, aller même jusqu’à la répression dans la mesure du possible pour imposer à la population le respect des différentes mesures prescrites par le gouvernement. Si on respecte déjà ses mesures, c’est très bon. Il faut aussi orienter systématiquement la sensibilisation. Lors de la sensibilisation, nous les agents de santé outilleront la population, les chefs villages, chefs quartiers, les relais communautaires.

Eux, vont passer l’information dans la société. Si quelqu’un présente les signes, il doit vite se rendre à l’hôpital. S’ils viennent, les agents de santé vont faire le dépistage, si le dépistage est positif,on les met sous traitement et ça passe. C’est ainsi qu’on va apprendre à vivre avec la maladie au lieu de retourner en arrière 

Un conseil à l’endroit des béninois qui ne croient pas jusque-là à l’existence du virus Corona ou qui ne respectent pas les gestes barrières ?

Pour ceux qui continuent de penser, de dire que la Covid-19 n’existe pas, je leur pris d’arrêter de se tromper. La maladie existe bien et fait ravage. Il n’ont qu’à mettre en tête qu’il y a le corona, qui peut infecter ou toucher tout le monde et à tout moment. Si quelqu’un par mégarde souffre d’une maladie chronique. Ça serait fatale pour eux !!!


Inondation à Abomey-Calavi, « Cocotomey » mon quartier est sous l’eau

Les pluies diluviennes qui s’abattent sur la ville de Cotonou et Abomey-Calavi en cette saison pluvieuse rendent la vie difficile aux populations. La journée du lundi 22 juin a été marquée par une pluie torrentielle qui a inondé mon quartier « Cocotomey » dans la commune d’Abomey-Calavi. À travers ce billet, j’ai pris du plaisir à vous faire vivre les difficultés que rencontrent la population et environnants de ce quartier, quand dame nature dicte sa loi.

Cocotomey a changé de visage? Oui!!! comme d’autres quartiers d’ailleurs. La journée du lundi 22 juin semble être spéciale. Il a plu toute la journée. Ainsi, Cocotomey, quartier La Paix, situé dans l’arrondissement de Godomey (commune d’ Abomey-Calavi) semble vivre les affres de l’inondation. Les routes, terrains de football, les vons, etc.. sont submergés d’eau. Une situation qui rend le quotidien difficile aux habitants qui y vivent.

Terrains de sport inondés, difficile de pratiquer le sport 
Au lendemain de la journée du lundi, les amoureux du sport, notamment le cuir rond, ont retrouvé leur terrain habituel (Le Terrain de sport Zico) sous l’eau. L’ équipe de jeunes footballeurs du quartier, dénommée  » LES CRACKS FOOTBALL », a du s’adapter. Très mécontents, les joueurs se sont contentés d’une petite partie du terrain, qui n’était pas inondée.

L’équipe Les CRACKS sur le terrain Zico

Pour Carlos Dossou, capitaine d’équipe, le constat effectué ce petit matin est une désolation totale. 
<< À notre arrivée à l’entraînement, nous avons constaté que le terrain était inondé, sincèrement cela n’encourage pas. Normalement, nous devons exploiter la majorité de l’espace du terrain mais à cause de l’inondation, nous avons juste exploité une petite partie, donc il y a certaines activités que nous n’avons pas pu pratiquer >>  confie le jeune étudiant, fan de football.

Comme lui, Allassane Farouck, jeune joueur dit être frustré et propose aux autorités de convoyer du sable sur le terrain Zico. Tous n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère avant de faire montre de leur état d’âme. Ils demandent aux autorités un terrain synthétique avec des lampadaires, ce qui leur permettra de bien nourrir leurs ambitions, car l’État doit continuer à créer les conditions normales pour révéler les talents dans le domaine sportif.
La pluie n’a pas loupé aussi le petit terrain qui se trouve en face d’une mosquée dans la zone « Agongbomey » à Cocotomey.,

La voie principale Cocotomey Zico est impraticable 
Difficile de circuler sur la voie principale menant au bord du goudron (route inter-État Cotonou-Ouidah). Les dernières pluies récurrentes ont rendu la voie impraticable. On observe par endroits de grandes flaques d’eau. Seuls quelques motocyclistes courageux prennent le risque de traverser les crevasses occasionnées par de grandes pressions d’eau stagnées. Certains tombent en panne sur le coup, ils se retrouvent complètement dans l’eau par mégarde aux gros trous.

La voie principale Zico

Des jeunes apportent de l’aide pécuniaire aux motocyclistes
Comme pour dire que le malheur des uns fait le bonheur des autres, Rock et Daniel ont eu l’idée de secourir les motocyclistes contre une rémunération de 50 à 100 FCFA.
Respectivement âgés de 15 à 17 ans, les deux jeunes collégiens semblent avoir trouvé l’astuce pour remplir leurs poches d’espèces sonnantes et trébuchantes. Dès 8h, ils se placent devant une grande flaque d’eau stagnée au niveau d’une ancienne buvette fermée ( Mondo-Mondo), sur la voie principale. Face à l’inquiétude des motocyclistes de tomber en panne, ou dans l’eau, les deux jeunes les alertent des dangers, et leur proposent une aide de contournement. Une fois l’aide acceptée, ils soulèvent de force la moto du conducteur pour la mener à travers la baraque de la buvette, laissant la possibilité de deux sorties pouvant contourner l’eau. Une aide de traversée permettant aux motocyclistes de récupérer leur moto en deux minutes et de continuer leur chemin.
À en croire un conducteur de moto japonaise « Wave S », qui a bénéficié de l’aide pour une énième fois, les jeunes font un grand boulot.
 << Depuis le matin que je fais mes courses, une fois que j’arrive à ce stade de la voie, ce sont eux qui m’aident à contourner l’eau même s’ils prennent de l’argent >>.
 Avec un sourire aux lèvres, il avoue avoir déjà payé au total 250 FCFA aux enfants. 

Le Petit terrain en face du mosquée


<< Les enfants pour cette fois, je ne paye rien inhhh, vous m’avez déjà pris 250 alors que je n’ai pas fini mes courses, dès mon retour on se verra humm!!! Tchao >>. 
Sans doute les deux jeunes garçons ont laissé leur client fidèle s’en aller sous des airs bienheureux et se sont pressés pour alerter d’autres motocyclistes. Les difficultés, ils en rencontrent, mais comme il y a de l’argent, il faut persévérer avant la tombée de la nuit. Le soir, les deux jeunes se retrouvent pour partager le montant total de la journée, fruit de leur labeur.

Chaque année, au Bénin, la saison des pluies créée des soucis aux populations. En dépit des efforts de l’État central et des municipalités (dont l’élaboration des projets comme Le Grand Nokoué avec l’asphaltage en cours de réalisation), les pluies diluviennes menacent les quartiers des villes.
Certains nouveaux maires, élus lors des municipales du 17 mai dernier, doivent se mettre résolument au travail pour relever les défis de l’inondation en cette période de crise sanitaire Covid-19.

Moto Wave S